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Laurent Raynaud

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Présentation:

Laurent Raynaud est guitariste et compositeur autodidacte. Il joue dans l'Ensemble de Mandolines et de Guitares de Mulhouse qui se produit régulièrement dans la région Alsace, mais aussi ailleurs en France et en Allemagne. Laurent Raynaud écrit plus particulièrement pour ensemble à plectre, plusieurs de ses oeuvres figurent au répertoire de l'ensemble de Mulhouse et de l'ensemble Gariele Leone d'Argenteuil. Il écrit aussi pour la guitare classique. Ses sources d'inspiration lui viennent de son grand intérêt pour les musiques ethniques telles que arabo-andalouses, orientales, japonaises, coréennes, sud-américaines ainsi que de ce que l'on appelle le courant minimaliste répétitif (avec une prédilection pour Steve Reich et Philipp Glass.) Il porte une attention particulière au travail du rythme et laisse l'empreinte autant que possible dans ses compositions d'un système de valeurs fondé sur l'écologie profonde.


Actualités: 

 

  • samedi 15 octobre 2011 à 20h30 à Ribeauvillé, concert Paul O'Dette, Luth.
  • Roland DYENS en récital le 22 octobre 2011 à 20h30 à l'église protestante de Munster (Alsace)
  • Chants d'Espagne et D'ailleurs (JJ FIMBEL et Claire DECAUX) le 23 octobre 2011 au château Kiener rue de Verdun à Colmar.
  • 5ème semaine internationale de guitare de colmar du 22 au 26 octobre nombreux concerts et masterclass avec Roland DYENS et Jean-Jacques FIMBEL. Renseignements www.guitarmaniaks.net

 

Le 11 octobre 2011:

 J'accumule le retard, je n'essaierai même pas de le rattraper, la peine étant perdue. La 5ème semaine internationale de guitare de Colmar approche à grand pas avec à n'en pas douter son lot de bonnes surprises, des concerts, des classes de maître et une conférence sur la lutherie par Bastien Burlot. Du 22 au 26 octobre, la guitare fera l'événement dans la région Alsace. Outre les concerts présentés dans les actualités plus haut, l'on pourra écouter Vérioca et Bruno-Michel Abati lors d'une soirée très brésilienne le 24 octobre au château Kiener de Colmar et assister à une passionante conférence de Bastien Burlotsur la lutherie. L'histoire nous insite aussi à dire beaucoup de bien des concerts des stagiaires qui auront lieu cette année les 27 et 28 octobre au château Kiener à Colmar... avec en prime en création mondiale "O Trio Magico" une pièce de Roland DYENS. Encore une fois merci à lui!


Un mot tout de même sur la 4ème semaine internationale de guitare de Colmar qui s'est tenu pour la partie classe de maître en tout cas à Munster. Cela a dû ravir plus d'un stagiaires. Ces derniers ont encore cette année eu la chance de profiter des conseils de Roland Dyens et Jean-Jacques Fimbel. L'organisation des Guitarmaniaks de Colmar, que j'ai déjà saluée a plusieurs reprises, étant en amélioration constante. La question se pose de savoir jusqu'où ira leur engagement. Bravo et merci à eux! La tradition veut que la semaine s'ouvre avec un récital de Roland Dyens. Moment toujours très attendu par les mélomanes guitaristes ou non. Le concert à eu lieu le 23 octobre 2010. Sale temps ce jour-là à tout point de vue, climat social et météo! Peu importe, la scène du beau théâtre de Colmar s'est ouverte à la guitare que l'on aime. Surprise, le public ne s'est pas déplacé à la hauteur du rendez-vous qui lui était donné! Si cela n'a rien gâché, j'ose un mouvement d'humeur tout personnel; pour dire que la passion implique l'engagement et que les hésitations et les positions timorées ne sont pas dignes d'elle. J'ai vécu la même défection dans la rue quand il fallait dire non et redresser la tête. La défaite aura été triste et laisse des traces, parfois un petit goût de trahison. Le coeur a ses droits qui devrait parfois prendre le dessus sur les petits morceaux de couverture que l'on tire vers soi. Je ne suis pas content tant pis. Très beau concert, une bouffée d'oxygène en soi et particulièrement dans le contexte. En route vers ailleurs! De mémoire Roland Dyens a choisi de partager avec nous si j'ai bonne mémoire: Sol d'Ièze et la Valses des Anges; un tango d'Albéniz, une magnifique adaptation de la barcarolle de Tchaïkovsky, Nuage de Django, les Variations sur un thème de la flute enchantée de Sor. Fin de la première partie. Ensuite le Prélude 3 et Choro N°1 de Villa Lobos, Pixinguinha Un a zero qui exhale les passions qui se déchainent lors d'un match de football. Pour finir, trois nouveaux duos de la plume du maître donné ce soir-là avec Jean-Jacques Fimbel.

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Le 19 octobre 2010:

 

Bernard Revel (guitare) et Friederick Schulz (chant, viole et violon) donnaient un concert le 15 octobre dernier au musée du jouet de Colmar autour de chansons traditionnelles celtiques. Autant dire un très bon moment dont la fraîcheur et la sincérité auront apporté une bouffée d'air à un moment où les circonstances s'avèrent particulièrement pesantes - quand les injustices se conjuguent à l'intransigeance méprisante d'une élite au service des privilèges. Merci pour les anectdotes et cette manière de présenter les chansons avec humour! La voix de Friederick Schulz sert particulièrement bien ce répertoire pour lequel la sincérité et le plaisir sont les ingrédients indispensables à la justesse. La guitare fait son petit orchestre dans des arrangements recherchés, et toutefois en parfaite cohérence avec les racines populaires de ces chansons qui sont de vrais petits bijoux. Le public a apprécié à sa juste mesure ce beau moment organisé par les Guitarmaniaks de Colmar.

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Le 11 octobre 2010:

 

La 4ème Semaine Internationale de la Guitare de Colmar aura lieu du 23 au 29 octobre prochain. Ce rendez-vous incontournable organisé par les Guitarmaniaks propose des concerts ainsi que des conférences avec en toile de fond des Classes de Maître dispensés par Roland Dyens (concertiste, compositeur, professeur au CNSM de Paris) et Jean-Jacques Fimbel (membre du duo Dodeca, de l'ensemble de musique ancienne Bergamasca et du duo Atlantide, professeur au conservatoire de Mulhouse). Cette semaine débute par un récital de Roland Dyens le 23 octobre à Colmar, le talent exceptionnel de ce guitariste et compositeur, l'originalité et la profondeur du musicien sont reconnus aux quatre coins du monde. Chacun de ses récitals est un évènement unique. Le duo Atlantide invite le public à partager son univers le 24 octobre; le mariage du violoncelle et de la guitare créera la surprise. L'on découvrira Laurent Lelouch jeune talent prometteur le 25 octobre et une conférence sur la lutherie par Jean-Noël Rohé luthier à Strasbourg et meilleur ouvrier de France en 2004. Enfin la semaine s'achèvera sur les concerts des stagiaires les 28 octobre à 20h30 à la maison du Kleebach à Munster et 29 octobre à 20h30 au château Kiener à Colmar; compte tenu du niveau musical élevé des stagiaires, ces concerts nous réservent quelques très beaux moments.

Enfin, l'on notera qu'il est possible d'assister au Classes de Maître librement pour tous les auditeurs. Durant ces instants privilégiés, les professeurs partagent leurs expériences, leurs connaissances et leur savoir-faire aux stagiaires d'une manière qui loin d'être ennuyeuse s'avère toujours passionnante. A voir et à écouter donc du 24 au 28 octobre tous les jours de 9h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00 à la maison du Kleebach à Munster.

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Le 12 juillet 2010:

 

Le dimanche 30 mai L'ensemble de Mandolines et de Guitares de Mulhouse avait le plaisir d'accueillir le West Australian Mandolin Orchestra en tournée en Europe pour un concert exceptionnel à Mulhouse. Pour la première partie l'ensemble de Mulhouse a donné le ton avec un adagio de Vivaldi, la Suite Don Quichotte de Telemann et Piensa en mi de Lara arrangé par Ricardo Sandoval. Le souvenir de Jean-Claude Kieffer récemment disparu était présent dans toutes les mémoires. Jean-Claude avait pris la direction de cet ensemble depuis bien longtemps avec deux principes au service du plaisir, de la musique et de la mandoline: une complicité avec les musiciens de l'ensemble et une rigueur exemplaire. L'on regrettera encore son énergie, sa force de conviction, son écoute, sa confiance, cette intuition artistique très originale qui ont pu produire des spectacles inoubliables, de grands moments pour tout dire que l'on se remmémore avec nostalgie. Il avait une intuition de la mise en scène qui en plus d'être inventive faisait mouche à coup sûr. La mandoline en est sortie grandie, débarrassée des clichés poussiéreux qui trompent si souvent - trop souvent - le public; bien évidemment ce partage et l'adhésion des musiciens et des mélomanes ne pouvaient être possibles sans aussi un authentique sens musical. Où puiser l'énergie et le courage maintenant, alors qu'il nous manque tant? Sans doute dans le plus bel hommage que l'on puisse lui rendre qui consiste à faire vivre cet amour de la musique que nous avons partagé avec lui.

Et ce dimanche-là, l'hommage était à la hauteur. En effet l'ensemble australien sous la direction de Robert Schulz nous aura fait vivre un moment intense dans la chapelle Saint Jean avec un répertoire très original qui a eu le mérite de faire la part belle à la création. L'on aura dû à Bob Kay la très inspirée Matilda Bay pour basse solo, mandoline solo et duo de guitare; et à Robert Schulz un remarquable concerto pour deux mandolines qui a mis à contribution la virtuosité de Sue Flower et Marissa Carroll. Avec trois mouvements et trois ambiances différentes, ce concerto a tenu en haleine un public conquis. De Robert Schulz toujours A Dark History pour soprano, narrateur et orchestre retrace des éléments de l'histoire de l'Australie à travers un texte poétique. Sans doute le point culminant émotionnellement parlant du concert, cette pièce a littéralement captivé le public, sa subtile alchimie en a fait un moment fort. La voix de Kathryn Kenny en plus du texte et d'une musique très expressive contribuent au succès de cette histoire qui si elle est sombre, est surtout et particulièrement touchante. Robert Schulz en plus de conduire l'orchestre écrit de la musique - on l'aura compris -, ce concert aura permis de se faire une idée de son talent de compositeur. Et pour finir figuraient au programme deux danses avec percussions qui ont clos avec brio le concert.


Le traditionnel Salon de la Guitare de Colmar s'est déroulé les 4 et 5 juin dernier. Je ne rappelerai pas ici combien la guitare compte de facettes, certainement autant que de styles de musique en tout cas. C'est justement là la force des Guitarmaniaks quand ils font tomber les frontières si subjectives entre une guitare et l'autre. Le salon de cette année avait pour thème le grand virtuose de la stratocaster Jimmy Hendrix dont le talent hélas si éphémère est reconnaissable dès le premier groove. Juste hommage à un guitariste qui en si peu de temps aura eu tant d'influence et de l'influence d'ailleurs sur des guitaristes aux horizons si différentes. Quelques connaisseurs ne manquent pas de savoir que le très égocentrique Yngwie Malmsteen schizophrène "barockeux", les mauvaises langues - à moins que ce ne soient les gens de goût - qualifieraient plutôt ce vivaldien dévot de "bas rocker", justement pour en finir avec les digesssions Malmsteen le Grand se reconnait quelques ascendances en Jimmy Hendrix. En marge de ce rendez-vous de la guitare se tenait une classe de maître donnée par Valérie Duchâteau aux élèves de Jean-Jacques Fimbel du conservatoire de Mulhouse. Ambiance studieuse et propos pertinents ont permis aux élèves ainsi qu'aux auditeurs d'éclairer leur lanterne sur quelques détails. Un lien vers les photos > ici < .

C'est d'ailleurs Valérie Duchâteau qui était à l'affiche du récital du samedi soir, récital intitulé de "Bach à Hendrix" et qui nous aura surtout fait entendre du Valérie Duchâteau... pour le plaisir évident d'une salle en grande partie comblée.

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Le 26 avril 2010:

 

Longue absence à la suite d'un accident de la main gauche qui compromet encore pour l'instant mes activités liées à la guitare. Je tiens toutefois à dire quelques mots sur les concerts des 100 guitares ayant eu lieu respectivement à Mulhouse et à Colmar les 06 et 07 mars 2010. Ces deux concerts ont réuni 15 écoles de musique de la région alsacienne et de Belfort avec leurs élèves et leurs professeurs dont des mandolinistes de Lutterbach et de Soppe. L'événement a été placé sous la direction artistique de Julien ITTY et Jean-Jacques FIMBEL. Il est évident que l'on ne voit pas tous les jours plus d'une centaine de guitares sur une scène, ce rendez-vous bisannuel est l'occasion entre autres de présenter les savoir-faires et talents des professeurs et des élèves. Un succès à mettre au crédit de la motivation des musiciens de tous les âges et de tous les niveaux ainsi qu'à celui de l'opiniâtreté des organisateurs.


Jean-Marie Lemarchand est un jeune guitariste et compositeur plein de talents. Après des parcours au conservatoire de Rennes puis à l'Ecole Normale de Musique couronnés de succès, il compose des musiques de film et écrit pour la guitare. On pourra trouver plus d'informations sur sa page myspace, quelques extraits de ses oeuvres y sont proposées à l'écoute - même si on peut déplorer pour certains un son de mauvaise qualité. Une mention particulière pour la pièce intitulée EMERGENCE pour guitare et orchestre particulièrement réussie, avec un véritable défi - comme c'est souvent le cas lorque la guitare affronte l'orchestre - pour maintenir un équilibre entre les différentes voix. L'amplification peut s'avérer très utile. Jean-Marie Lemarchand publie sa musique chez divers éditeurs, si elle s'inspire pour ce qui concerne la guitare de la tradition espagnole, elle n'en porte pas moins la marque d'une personnalité originale. Je propose de consulter son catalogue ici.

 

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Le 01 décembre 2009:

Clip du stage de guitare de Colmar 2010 : Lien.

Le stage international de guitare de Colmar avait lieu du 24 au 30 octobre dernier. Ce rendez-vous annuel de la guitare unique en France grace à la présence de Roland Dyens est organisé par les Guitarmaniaks, et l'on ne les remerciera pas jamais assez pour tout le bien qu'il font à la guitare classique voire à la guitare en général en Alsace. Outre qu'ils permettent aux stagiaires de solliciter les précieux conseils de Roland Dyens pour les musiques récentes et de Jean-Jacques Fimbel pour les musiques anciennes, ils offrent au public la possibilité d'assister à toute une série de concert de guitare. Dont, compte tenu du niveau des stagiaires, le concert de clôture vaut le détour.

Le 26 octobre avait lieu le concert de Roland Dyens au théâtre de la Sinne de Mulhouse. D'une manière générale donner en quelques mots un apercu d'un récital de Roland Dyens n'est pas chose aisée, d'autant moins aisée d'ailleurs que l'artiste est hors du commun. S'il est trop réducteur d'envisager sa prestation artistique simplement sous l'angle du récital de guitare, le rôle du critique ou du chroniqueur n'est pas vraiment enviable, car il a moins que jamais droit à la banalité. J'ose toutefois aborder cet exercice et ce n'est pas sans appréhensions, mais l'envie est irrésistible... et tant pis, je prends le risque de ne pas être à la hauteur! L'improbable voyage commence toujours par une improvisationn, sans doute une façon très personnelle de prendre l'auditoire par la main, une façon chaleureuse d'accueillir le silence du public. Et la salle prend ainsi peu à peu de l'altitude, le chemin aussi d'un pays à part dont les couleurs sont celles d'un Brésil imaginaire sinon imaginé, d'un Brésil bien réel pourtant précisément dessiné par sa musique... ses musiques .

Le programme est une alchimie; et ses secrets se dévoilent quand toutes les conditions du voyage sont réunies. Au dernier moment. Est-il improvisé? est-il le résultat d'une mesure de la personalité de la salle, de la ville, du public attendu? Est-il vraiment nécessaire de le savoir? Il commence en tout cas par la valse des Anges et le Songe Capricorne. Suivent l'Arrangement Amiable sur une valse de Chopin et les Variations sur Malbourough s'en va t-en guerre de Sor. Deux compositeurs chers à Roland Dyens et sans doute proche de lui, le premier pour le cantabile de son piano, presque une voix humaine, l'autre pour son attachement à faire de la guitare un instrument à la hauteur de ses ambitions expressives. Sor l'incontournable des récitals de Roland Dyens.

La deuxième partie du récital fut entièrement consacrée à la musique brésilienne et pour une bonne part à Villa-Lobos. L'on doit à cet immense compositeur du XXème siècle les pages qui posent les fondements de la guitare moderne. C'est pourtant par un arrangement de la Bachiannas Brasileiras N°5 que Roland Dyens débute cette partie, un bijou en soi dans lequel la guitare mène aussi bien la voix de femme que l'orchestre de violoncelles. Suivent les Préludes N°2 et 3 et le Choro N°1. Autant dire une synthèse en trois pièces de la musique de Bach, des musiques populaires et de l'intériorité de Villa-Lobos. On sait dans ce dernier cas - qui est un hommage aux indiens du Brésil - tout l'attachement que portait le compositeur aux racines indiennes de son pays. Un a Zero et Carinhoso montrent un aspect d'un Brésil décidement multicolore sinon franchement polymorphe, deux arrangements magnifiques de Roland Dyens parmi tous ceux qu'il a donné à la guitare sur la musique de Pixinguinha récemment.

Enfin le toujours spéctaculaire Berimbau de Baden Powell, une imitation du répertoire de cette instrument-titre, le berimbau justement d'origine africaine. Dans cette arrangement Roland Dyens utilise des ressources que l'auditeur peu accoutumé ne soupçonne certainement pas. Le succès fut au rendez-vous et le public a rappelé l'artiste fort chaleureusement. Comme le Jour dédié à Yaël aura été la petite escale supplémentaire d'un voyage dont on sait qu'il laissera une impression nostalgique.

Ce soir-là, avant de rentrer dans la salle du théâtre de la Sinne à Mulhouse, l'on n'a pas simplement enlevé sa veste; on s'est aussi débarrassé du manteau de la routine, des tracas, du stress et de bien d'autres maux pour découvrir cette part d'humanité commune à tous: la poésie. Cette poésie qui nous fait si bien vibrer sur les six cordes d'une guitare.

 

Merci Monsieur Dyens de nous donner le temps d'un récital les clefs d'un monde qui nous soulage du superflu, de suspendre le temps sur un moment consacré à l'essentiel. Même si l'essentiel n'a pas de nom, cela ne vous empêche pas d'en parler si bien dans la langue de votre instrument.

 


Le 25 octobre avait lieu le concert de l'ensemble Bergamasca composé de Christian Zimmermann, Jean-Jacques Fimbel et Ralf Mater et du duo de guitares DODECA avec Jean-jacques Fimbel et Julien Itty.

Spécialisé dans la musique ancienne cet ensemble dessine des paysages sonores inhabituels pour beaucoup. Non seulement en raison d'un répertoire redécouvert, d'une approche de l'interprétation au moins pertinente sinon authentique, mais aussi en raison de l'emploi d'instruments caractéristiques de l'époque. Il s'agit du théorbe, de la guitare baroque, du luth rennaissance et du psaltérion. On se réjouit de voir réunis et d'entendre sonner ces instruments ensemble dans un répertoire qui possède ses propres langages musicaux, sa propre langue pourrait-on dire, une langue exhumée des partitions et tablatures mais une langue encore vivante par le discours de l'ensemble Bergamasca, vivante grace au savoir faire, au décryptage et à l'interprétation des musiciens.

 

Si le répertoire abordé ici met en évidence le génie des musiciens compositeurs d'une époque, il démontre aussi la particularité et les potentialités des cordes pincées. Leur dynamique, leur large éventail de timbre, leur élégance naturelle ainsi que leur possibilités polyphoniques pèsent certainement bien davantage que les inconvénients d'un faible volume sonore et d'une grande difficulté technique. Regrettons alors que la marche de l'histoire qui a si particulièrement favorisé les cordes frottées depuis les premiers concertos grossos jusqu'à aujourd'hui en passant par l'institution que représente le quatuor à corde, regrettons qu'elle n'ait pas donné aux instruments à cordes pincées la place qu'ils méritent. La revanche prise aujourd'hui par la guitare, par les luths au sein d'ensembles novateurs tels celui de Christina Pluhar ou Rolf Lislevand nécessitera encore beaucoup d'efforts pour infléchir la culture de l'orchestre avec violons, altos etc...

Au programme quelques grands classiques dont une version de Las Hachas danse très en vogue dans l'Espagne du XVII ème siècle, quelques extraits de concertos de Vivaldi dans lesquels le luth a été remplacé par le cymbalon. Un instrument tenu en très haute estime jusqu'au XVIIIème siècle, sa sonorité si particulière pour ne pas dire aérienne a parfaitement convenu à ces extraits de concertos régulièrement joués par les guitaristes bien qu'écrit pour un petit luth assez proche de la mandoline.

On se souviendra aussi d'un fandango de Gluck extrait du ballet Don Juan et de la Folia compilant tout une série de variations d'auteurs très différents.

 

Après l'entracte, le duo Dodeca a plongé le public dans une toute autre atmosphère. Changement d'époque, changement de lieu, changement d'instrument avec une guitare classique très ancrée dans la musique d'Amérique du sud. Au programme, des oeuvres de Joao Pernambuco, Atahualpa Yupanqui magnifiquement arrangés par Antonio Membrado, mais aussi les Cuatro Micro Piezaz de Leo Brouwer et Primavera Portena d'Astor Piazzola arrangé pour deux guitares par Jean-Jacques Fimbel. A tout cela s'ajoutent deux improvisations sur des poèmes de Rabîndranâth Tagore avec Natalie Membrado, la fille de l'auteur, pour récitante. Une mention toute particulière encore, dans une prestation déjà très riche, pour la Sonatina Tropical d'Ernesto Cordero; un bijou d'équilibre entre musique "savante" (et j'insiste sur les guillemets même si le terme est convenu) et musique populaire dans laquelle cette pièce puise une énergie évidente a priori. Sonatina Tropical vaut largement le détour. Le disque tout récemment sorti su duo Dodeca lui doit d'ailleurs son titre Mi Güajirita, référence au premier mouvement de la sonatine. Ces enregistrements feront à n'en pas douter le bonheur des passionnés de guitare et plus largement des mélomanes. Jean-Jacques Fimbel et Julien Itty ne font pas de compromis avec la facilité, mais ils s'arrangent fort bien avec le plaisir et cela s'entend en concert ainsi que sur le disque. On peut se le procurer ici : http://www.laguitaredanstoussesetats.com/ sans hésiter!

 


Un mot encore pour les stagiaires dont certains ont fait un long trajet pour participer à cette semaine. Je regrette infiniment de n'avoir pu assister à leur concert de fin de stage, ce qu'il m'a été donné d'entendre durant les classes de maître me laisse croire que la qualité a été au rendez-vous. La motivation, le talent et le savoir faire n'ont d'égal chez les jeunes et les moins jeunes que l'opiniâtreté. Bravo à eux!

 

Mot de la fin pour les Guitamaniaks, auxquels l'on doit un grand merci. Merci à eux de partager leur passion pour la guitare, demandons leur de tenir bon et surtout... surtout de ne rien lâcher!

 

 

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Le 05 novembre 2009:

 

Le samedi 21 Novembre prochain aura lieu au théâtre de la Sinne à Mulhouse à 20h30 le concert de l'Ensemble de Mandolines et de Guitares de Mulhouse (EMGM). Si la diversité est comme de coutume le maître mot du programme, l'engagement de Jean-Claude KIEFFER à la baguette et l'opiniâtreté des instrumentistes se joueront des frontières entre les musiques du passé et les musiques d'aujourd'hui. L'exercice n'est pas si évident que cela et vaut la peine d'être menée pour ouvrir encore davantage l'horizon des émotions. Ajoutons à cet événement la participation de Ricardo Sandoval, mandoliniste vénézuélien vainqueur de nombreux prix!

Lors de ce concert aura lieu aussi la création de La Voix de la Louve composée par Laurent Raynaud. Pour deux voix de femme et orchestre à plectres, cette pièce comporte trois parties sur le schéma somme toute assez classique rapide-lent-rapide. Si musicalement La Voix de la Louve est proche du courant minimaliste américain, le texte (du compositeur) s'inspire de la poésie éco-féministe dont se réclame notamment Clarissa Pinkola Estés.

Le détail du programme est disponible -- ici --.


Deux nouvelles pièces sur la page -- compositions -- écrites pour violon et piano. La première Number S72A si elle donne l'apparence d'une grande liberté de ton à l'auditeur contraint les exécutants à une grance rigueur rythmique. La seconde Iambé d'une difficulté nettement inférieure explore des harmonies pivotant autour des tierces. Les maquettes sont disponibles sur la page -- compositions -- ou sur -- youtube -- .

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Le 06 mai 2009:

 

L'envers du décor des villes n'est pas à la portée du premier regard venu. Les quartiers en friche, les zones industrielles à l'abandon et les bâtiments désafectés s'ils sont les témoins bien souvent d'une histoire terminée, sont aussi une sorte de 'ça' psychologique urbain, le lieu plus ou moins volontairement ignoré dans lequel échoue les pensées inavouables du côté 'surmoi' de la ville. Miru Kim, photographe né aux Etats-Unis et ayant passé une bonne partie de sa jeunesse en Corée, a choisi justement d'explorer cette face cachée des villes. Son projet 'Naked City Spleen' consiste à saisir le décor de ces mondes oubliés, et qui pourtant nous entourent, en se mettant en scène de manière complétement dénudée. Le face à face de cette mémoire refoulée et pétrifiée de la ville avec le corps organique et animée de Miru Kim nous interroge sur le sens de l'abandon et de l'exclusion. ainsi que sur la précarité et la fragilité du corps vivant. Tout ça avec un sens artistique aussi sensible que de qualité.

Pour tous ceux qui n'ont pas eu et n'aurant pas l'occasion de visiter son exposition à la galerie Gestarc de New-York, il reste la consolation de faire un tour sur Le site de Miru Kim .

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Le 27 avril 2009:

 

La philosophie moderne pose et expose à nouveau la question de la définition de l'animalité et de l'humanité. Avec une vigueur depuis une quarantaine d'années qui ne s'était plus vu depuis sans doute Pythagore! Le point de vue Montaigne sur le sujet et sa tentative vraisemblablement de la faire émerger dans la pensée occidentale ont échoués sur l'anthropocentrisme humaniste de la Renaissance. Descartes et son concept d'animal-machine ont exclu définitivement la question du rapport animalité-humanité de la pensée occidentale (règlant au passage la question de l'exception humaine par sa théorie 'schizophénique' de la dualité)... jusqu'à Schoppenhauer qui rouvrit une brèche timide après les élucubrations tonitruantes de Kant. Depuis, la question de l'animalité nourrie par les découvertes scientifiques - dont la théorie de l'évolution darwinienne n'est pas la moindre - alimente les philosophies modernes occidentales dans le prolongement direct quoique retardé de la pensée de Montaigne.

Peter Singer prend à son compte, développe et rationnalise cette question de l'animalité (notamment dans LIBERATION ANIMALE) ; il fait l'effort d'en définir le contour et de déterminer les arguments objectifs d'une nouvelle éthique par rapport à l'animal non humain. Toutefois, il fonde son argumentaire sur le principe d'une hiérarchie de la sensibilté (niveau de conscience de la douleur) qui - si elle est pertinente dans son effort de rationnaliser l'aspect ethique - passe à côté de certaines choses et certainement à côté de l'élaboration d'un droit fondamental de tout être vivant à la vie. C'est pourtant le premier article de La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal : "Tous les animaux naissent égaux devant la vie et ont les mêmes droits à l'existence." Notons que cette déclaration est postérieure à LIBERATION ANIMALE.

Je n'ai pas pour habitude de donner des conseils de lecture. Cependant l'ouvrage Au bon vouloir de l'homme, l'animal de Georges Chapouthier me semble par la synthèse qu'il fait du sujet, par sa clarté, par la position de l'auteur à la fois philosophe et biologiste, par sa cohérence rationnelle ainsi que par les pistes qu'il dégage, constituer une lecture indispensable. Le sujet nous touche tous, nous sommes concernés aussi bien dans nos actes quotidiens (souvent sans le savoir, sans trop vouloir savoir?) que par notre responsabilité éthique. Sans discours militantiste, Georges Chapoutier pose le problème philosophique et éthique, et en prend la mesure sans préjugés ni hypocrisie. Toutefois et bien qu'il évite de tomber dans le piège du récit à sensations, le lecteur peut éprouver une certaine gène dont la cause est moins dans l'intention de l'auteur que dans la prise de conscience de certaines évidences par le lecteur lui-même. Que G. Chapouthier dénoue quelques uns des noeuds du langage (qui souvent vise à faire de l'animal un objet) pour en démontrer à la fois le cynisme, l'hypocrisie et l'invraisemblance (qui arrange bien notre conscience morale) n'est pas étranger à cette impression de malaise qui trouble le lecteur.

 A lire donc par tous ceux qui ne veulent pas échapper à cette controverse majeure qui marque sans doute un tournant de notre civilisation qui si elle occupe encore surtout les philosophes et les militants aura des conséquences dans la société ausi bien par l'intermédiaire du droit que de la politique: Au bon vouloir de l'homme, l'animal de Georges Chapouthier éd. DENOEL.


Samedi 25 avril à 20h30 quatre jeunes guitaristes se produisaient à musée du jouet à Colmar dans un concert organisé par nos amis les Guitarmaniaks. Ambiance chaleureuse et attentive, la salle était pleine.

Le premier talent de la soirée Thomas Reheisser a interprété la Courrante ainsi que la Musette de la suite l'Infidèle de Sylvius Leopold WEISS. Contemporain de BACH le célèbre luthiste Silésien nous laisse quelques unes des plus belles tablatures pour le luth, aussi belles soient-elles, ces dernières demandent toujours au musicien un gros effort d'interprététation. C'est chose faite par Thomas Reheisser si l'on en juge par la cohérence et la pertinence stylistiques de son jeu. Viennent ensuite Deux Images du Japon inspirées par des estampes japonaises de Jana Obrovska. Et les courbes épurées, l'objectivité abstraite de l'oeuvre illustrent parfaitement cet art de l'estampe qui donne à voir l'essentiel au-delà de l'économie de moyen. Le guitariste a su trouver le ton juste celui en tout cas qui vonvient à ce langage particulier.

Deuxième talent, Sandra Bernhard qui nous a interprété le prélude de la Suite BWV997. Après le luth de Weiss, celui de Bach semblait être une réponse évidente. Et comme le XXème siècle sera sans doute aussi le siècle de l'image il n'est pas surprenant que les compositeurs cherchent à mettre en scène l'image dans la musique. A l'aube du Dernier Jour de Francis Kleynjans semble suivre ce chemin-là, oeuvre que Sandra nous a donné dans sa partie consacrée à la musique plus proche de nous. Sans doute nous aura t-elle aidé à nous mettre dans la peau et dans la conscience du condamné le jour de son exécution. Un vrai moment dramatique qui de l'annonce au coup fatal a capté le public et lors duquel Sandra Bernhard a su trouver les ressources peu classiques (bruitages) dans sa guitare 'classique'.

 Vient ensuite et après une pause 'Guitarmaniakement' conviviale (mais ça, c'est presque un pléonasme), la prestation d'Emilie Kienlen. La fantaisie sur des thèmes de la Traviata de Tarrega fait partie de ces oeuvres ingrates, elle souffre peut-être de la comparaison avec d'autres pièces sur des thèmes du même opéra et à mon sens plus réussies dont celle d'Emmanuel Rossfelder (la plus récente sans doute). Emilie toutefois a trouvé une voie et évoqué quelques aspects de l'intensité dramatique des aventures de la Dame aux Camélias. Elle a ensuite fait preuve de virtuosité dans La Catedral de Augustin Barrios 'Mangore' tout en restant au service de la musique. Beaucoup d'images pour ce concert donc quand on sait que Barrios a été inspiré pour cette oeuvre à la fois par des impressions intimes et par l'architecture de la Cathédrale de Montevideo.

Pour finir ou presque, Moritz Reich, le quatrième talent de la soirée nous a joué la fameuse Fantatisie en imitation de la harpe de Alonzo Mudara. Une imitation qui s'inscrit dans la tendance des vihuelistes espagnols de l'époque pour lesquels le jeu campanello était cher. Quoiqu'il en soit Moritz Reich a réussi sans forcer à nous convaincre d'une démarche authentique, à la manière de l'époque... les conseils de Jean-Jacques Fimbel y sont aussi sans doute pour quelque chose. Encore faut-il un certain talent et une bonne ouverture d'esprit pour les mettre en pratique. Ensuite Moritz a offert au public Invocacion y Danza de Joaquin Rodrigo. Une oeuvre majeure du répertoire pour guitare, synthèse d'une tradition ou plutôt de traditions multiples, de modernité et du langage intime de Rodrigo. Ici, le compositeur ne cache rien de son univers, il livre tout. Et il n'est sans doute pas facile de réussir à mettre en lumière avec pertinence tous les aspects de cette oeuvre si puissamment évocatrice. Chose faite pourtant avec succès par Moritz Reich... qui enchaîne avec le Tango en Skaï de Roland Dyens présentée avec humour, un clin d'oeil dans doute au célèbre guitariste Roland Dyens et à la relation un peu particulière qui le lie à Colmar. (voir le dernier article sur les concerts et classes de maître de 2008)

Surprise de la soirée, un ensemble de guitares s'est invité sur la scène du musée du jouet, composé des quatres talents ci-dessous et de quelques autres élèves de la classe de Jean-Jacques Fimbel. Sous le signe de la bonne humeur et la fantaisie, ils nous ont enchanté avec trois pièces: Linda Amiga, Camino de la vuelta et Strollin.

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Le 18 février 2009:

 

Oysterpippo m'a fait le plaisir récemment de poser sa voix sur deux arrangements de chansons que j'interprète à la guitare, 'Que reste t-il de nos amours' et 'Manha de carnaval'. Une voix de crooner profonde, chaleureuse au timbre très émouvant. Voilà un cadeau qui fait plaisir et qui tient finalement au hasard des rencontres sur youtube! Il ne faut certainement pas hésiter à aller tendre l'oreille sur son site où figurent quelques uns des grands standards rehaussés d'une voix de maître. --> youtube de Oysterpippo <--.

 


Organisé par le Conservatoire de Mulhouse,  deux soirées en musique et promenade découverte ont emmené les auditeurs-promeneurs faire une ballade un peu particulière au musée Electropolis. Un succès sans nul doute puisque les trois concerts ayant eu lieu les 13 et 14 février 2009 se sont déroulés à guichet fermé. Sur le thème de 'le courant passe' pretexte était donné à un programme articulé autour de musiques ayant un rapport plus ou moins lointain avec le courant... pas toujours électrique d'ailleurs. De salle en salle dans une ambiance peu commune, les concerts se sont succédés lors desquels les professeurs ont exprimés leur talent. Le clou des soirées était certainement la création de 'Ballet Mécanique' de Frédéric Unterfinger, professeur d'écriture, interprétée par l'ensemble des professeurs. L'oeuvre joue avec les couleurs, il faut dire que la palette est assez original pour ce qui concerne les timbres avec un piano, deux guitares, une harpe, un clavecin, des percussions, deux accordéons et je crois n'avoir rien oublié. Il semblerait qu'à cette évocation de la machine, s'est mêlé quelque chose d'assez organique pour libérer l'émotion. On a pu entendre certainement le réveil tout d'abord puis peu à peu l'animation d'un automate qui peut faire penser à un être réellement vivant. Bravo!

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Le 06 décembre 2008:

 Deuxième stage international de guitare de Colmar.

- -Voir le clip --

Le deuxième stage international de guitare de Colmar s'est déroulé du 26 au 30 octobre dernier sous la direction artistique de Jean-Jacques Fimbel. L'association des Guitarmaniaks - qui il faut le dire porte bien son nom, - composée d'une équipe de passionnés nous a offert encore une fois quelques grands moments. Ce stage de guitare est un événement unique en France puisqu'il est le seul à pouvoir se flatter de la présence de Roland Dyens, lequel confie d'ailleurs qu'il compte pérenniser cette exclusivité; il n'est pas question pour lui d'accepter ailleurs qu'à Colmar de collaborer à un événement de ce genre. Rendez-vous semble pris pour l'année suivante.

Autour du stage en lui-même de nombreuses manifestations ont ponctué cette petite semaine dédiée à notre instrument de prédilection dont un concert avec guitare et choeur en présence du choeur des enseignents de Ribeauvillé et de Jean-Jacques Fimbel. Au programme de cette après-midi du 26 octobre, une jolie partie consacrée à la musique ancienne dont le très intéressant Jephte de Giacomo Carissimi pour son jeu entre la guitare et le choeur. Après le clin d'oeil du platero op190 n°1 de Mario Castelnuovo Tedesco pour lequel Roland Dyens a été le récitant, le point culminant du concert a très certainement été le Romancero Gitano op 152 du même compositeur pour guitare seule et choeur. Il s'agit hélas d'une rareté en concert, et pourtant d'une pièce magnifique dont les sept parties mettant en relief des atmospheres chères au folklore (dans le bon sens du terme!) andalous. Ici, la complicité entre le guitariste et le choeur ont donné au public à la fois l'émotion et l'entousiasme propres aux thèmes abordés par la musique. Un très grand moment donc.

Le lendemain, ce fut au tour d'Orestis Kalampalakis de donner son concert, au Badhus de Kaysersberg et sous la forme d'un récital. Au programme figurait quelques pièces du grand répertoire de la guitare classique dont les remarquables Bagatelles de Walton. Orestis plus que convaincant a donné avec justesse et conviction ce bijoux du répertoire. Le jeune guitariste a montré un grand talent pour le plaisir d'un public averti.

 Le 29 octobre a eu lieu le très attendu récital de Roland Dyens au Château Kiener de Colmar. Salle comble d'ailleurs ce soir-là, pour un voyage du côté du Brésil, pays cher au coeur du fameux guitariste français. Après la traditionnelle improvisation comme une porte pour changer d'univers, le public a été invité à parcourir une partie de la musique du grand compositeur de chôros, Pixinguinha. Les arrangements de Roland Dyens habillent à merveille les mélodies du maître brésilien qui a tant inspiré les musiciens de son pays. D'une humeur à l'autre, d'une émotion à l'autre les mélodies trouvent les motifs guitaristiques qui les portent, leur donnent du souffle et qui touchent. L'immense talent de l'arrangeur se confond avec le talent non moins incomparable du guitariste; ainsi les difficultés passent inaperçues et la virtuosité en dehors de toute gravité ou pesanteur libère la musique. On a pu ainsi écouter Proezas de Solon, Desprezado, Rosa, Atencioso, Oscarina, Gargalhada, Ingênuo, Lamento, Naquele Tempo, Carinhoso, et Um a Zero. Un moment particulier, un privilège peut-être, sur lequel le public venu très nombreux ne s'est pas trompé, et qui nous laisse un sentiment de nostalgie.

On remarquera durant le récital de Roland Dyens (et ce fut le cas durant toute la semaine) la qualité de la sonorisation, dont la grande vertu est de rendre fidèlement la sonorité des artistes tout en se faisant oublier. On doit cette alchimie à Gilles Charlois alias Buffalo Gilles qui fait des merveilles avec ses micros et ses pupitres.

La semaine s'est cloturée le lendemain par le concert des stagiaires lors duquel l'on a pu écouter quelques grands talents, et très certainement quelques guitaristes promis à un bel avenir. Il faut dire que le niveau du stage a été très élevé et que les stagiaires ont fait le déplacement depuis les quatre coins de la France, chacun d'entre eux a démontré sa motivation de saisir les précieux conseils des maîtres : Roland Dyens pour la musique du XIXème siècle au XXIème siècle et Jean-Jacques Fimbel pour la musique ancienne. Enfin l'ensemble des stagiaires (Vanina Gentet, Claude Marmounier, Mathilde Thorrez, Martin Bosserelle, Amélie Gautier, Anne-Cécile Droneau, Laurène Dubois, Laurent Raynaud, Emilie Kienlen, Raphaël Ducerf, Moritz Reich, Julien Itty, Tarek Al Malki, Frédéric Carpino, Valérie Neboit, Alexandra Avennec,Jean Spézia, Elvin Yagan, Julia Martel, Célia Greiner) se sont réunis sur la scène pour interpréter Seul à Seul une pièce originale récemment écrite par Roland Dyens et sous sa direction. La soirée a été présentée par Frédérique des Guitarmaniaks avec un mot plein d'humour et de sympathie pour chacun, les stagiaires lui doivent cela ainsi que sa présence et son aide en toute occasion. Pour finir, j'ajoute que les Guitarmaniaks entreprennent et réussissent de grandes choses en faveur de la guitare, sans doute devraient-ils rester moins modestes. Merci à eux, plus grand est leur succès plus grand est notre plaisir !

 

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Le 31 juillet 2008:

 

Aucun doute, il fallait vraiment être dans la salle des Dominicains de Guebwiller le 20 juillet dernier et assister au concert de l'ensemble Arpeggiata en compagnie de Lucille Galezzi. On connaît bien l'énergie et la grace que Christina Pluhar est capable de révéler - forte de ses connaissances et de son talent artistique - à partir des manuscrits qu'elle découvre; on connaît aussi la virtuosité, le sens de l'improvisation et la justesse des musiciens qui composent l'ensemble.

Ce soir-là, tout comme le dernier disque d'Arpeggiata, le programme est consacré à la tarentelle. Danse, si l'on peut dire, qui avait vocation par la transe qu'elle était susceptible de provoquer de soigner les maladies "mentales" ayant prétenduement pour origine la morsure de la tarentule. Le déroulement du programme, savament agencé; presque de manière jazzistique, a pris le public dans ses filets. Captif pour son plus grand plaisir, ce dernier s'est laissé prendre au jeu des tarentelles. Si bien que le concert s'est terminé par une ovation assez exceptionnelle et de nombreux rappels. Pas de doute, une nouvelle fois, après Los Impossibles dont le programme avait pour argument la légende de la Llorona, faisant le lien entre les musiques Européennes et celles du nouveau monde, Christina Pluhar a révélé l'alchimie d'un genre peu fréquenté.

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Le 20 juin 2008:

 

L'Ensemble Gabriele Leone était en concert en Allemagne les 7 et 8 juin derniers, pour la première date au KunstPalais de Badenweiler et pour la seconde à la St Michael Kirche de Vogtburg-Niederorrtweil. Un très beau programme avec pour horizon des rythmes sud américains et le célèbre Fandango de Luigi Boccherini. L'Ensemble Gabriele Leone nous habitue au meilleur de la musique pour cordes pincées, c'est cette persistance dans son engagement artistique pour passer les émotions qui fait la surprise et qui enchante l'auditeur. Point de célébration ampoulée face à de quelconques monuments, mais plutôt une gourmandise partagée pour la vie, triste quelquefois, heureuse d'autre fois, quoiqu'il en soit, la vie toujours là, avec curiosité, appétit, jouissance, contemplation. Eric Depret, Maryse Dupont et Yuko Fujikura à la mandoline; Jean-Paul Bazin à la mandole, Guy Le Roux et Anne-Christelle Vigneaud à la guitare; Michèle Maréchau-Mendoza au cuatro ont repris en un bis endiablé le Madrid de Ricardo Sandoval.

Au programme figurait aussi ma composition Assonance Suite en six sections élaborées à partir de principes de répétition caractéristiques de la musique minimaliste. L'Ensemble Gabriele Leone avait créé cette pièce le 9 juin 2007 à Paris. Depuis elle mûri au fil des programmations. Exigente rythmiquement, techniquement parfois, la virtuosité réside essentiellement dans le travail d'ensemble, et c'est là que les musiciens montrent leur talent. Pas moins réussi la qualité de l'interprétation d'autant que j'ai sans doute été un peu avare d'indications. Ils ont su trouver les accents, les inflexions, les jeux entre les voix, et quantité d'astuces dont le secret est de nous séduire. Le compositeur salue la performance!

Pour voir la plaquette, cliquez ICI.

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Le 13 avril 2008:

 

Les 26 et 27 février derniers avaient eu lieu à la Filature de Mulhouse le spectacle de danse Steve Reich Evening mis en chorégraphie par Anne Teresa De Keersmaeker et en musique par l'Ictus Ensemble. En forme d'hommage à la musique de Steve Reich, le programme comprenait les pièces Pendulum Music , Marimba Phase, Piano Phase, Eight Lines, Four Organs, Drumming Part One ainsi que le célèbre Poème symphonique pour cent métronomes de György Ligety. La chorégraphe a su tirer un parti magnifique des systèmes répétés, des décalages rythmiques et des micro-variations des thèmes mélodiques en leur donnant tout naturellement corps. Si l'on peut saluer la justesse, la poésie et la pertinence de la chorégraphie toujours si étroitement liée aux événenements sonores, il faut aussi rendre hommage aux danseurs qui ont mis l'énergie et le geste sans faillir malgré les immenses difficultés rythmiques. Pour finir, avoir droit à une musique jouée en direct - alors que la règle est si souvent à l'enregistrement - est un véritable cadeau que les amateurs ont su apprécier. L'Ictus Ensemble a été largement à la hauteur de la qualité de la chorégraphie si bien que les musiciens ont pu former un tout cohérent. Il est regrettable que quelques spectateurs ont manifesté leur surprise à l'égard de la musique en quittant ostensiblement la salle, il est vrai que l'approche se devait davantage de tenir de la contemplation que du divertissement. Toutefois, les rappels chaleureux et comblés ont montré à quel point la musique de Steve Reich pouvait toucher.

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Le 20 février 2008:

 

Il fallait se trouver une place dans la salle de la villa Fleck d'Ingersheim le 3 février dernier pour assister au tout premier concert du duo de Guitares DODECA. Composé de Jean-Jacques FIMBEL qui enseigne actuellement la guitare à l'ENMDT de Mulhouse et dont le Curriculum Vitae (bien rempli) nous rappelle qu'il a étudié auprès d'Antonio MEMBRADO, Betho DEVEZAC et Alberto PONCE, ainsi que de Julien ITTY élève talentueux de Jean-Jacques FIMBEL qui après avoir enseigné à l'ENM de Nancy se partage aujourd'hui entre l'ENM de Belfort et L'ENMDT de Mulhouse. Le répertoire de DODECA se tourne essentiellement vers la musique contemporaine et la musique d'Amérique de Sud. Cette fois l'Argentine est à l'honneur avec Vidala Dolorosa d'Atahualpa YUPANQUI, Milonga del Ayer d'Abel FLEURY dans des arrangements d'Antonio MEMBRADO, la célèbre chanson Malena sur un poème de Homero MANZI et la musique de Lucio DEMARE enregistrée la première fois par Anibal TROILO et Francisco FIORENTINO, la chanson Soledad de Carlos GARDEL et la célébrissime El Choclo d'Angel VILLOLDO dont on connaît aussi l'interprétation de Duke ELINGTON sous le titre Kiss of Fire. La nostalgie et les déseprérances canailles du tango ont résonné avec justesse et émotion au son des guitares du duo. S'ajoutent la magnifique Sonatina Tropical d'Ernesto CORDERO et les 4 Micro Piezas de Leo BROUWER. Deux exceptions à l'Amérique du Sud, le Prélude et fugue op199 de Mario CASTELNUOVO-TEDESCO et Bras-dessus, Bras-dessous de Claude NOUGARO arrangé par Jean-Félix LALANNE. Belle complicité et complémentarité des deux guitaristes qui ont aussi joué avec le public non sans humour pour présenter les oeuvres. En cadeau final rien moins que Bad Boys de Toru Takemitsu et Lo Que Vendra d'Astor Piazzola. Le public est conquis!

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Le 18 janvier 2008:

 

Le spectacle Dans le sillage des felouques proposé le 17 novembre 2007 par Samar Boulboul Charifi voix, Issam Charifi oud et Abdellatif Chaaran percussions a laissé un souvenir inoubliable dans la nef des Dominicains de Guebwiller. Avant même la musique, l'ambiance était installée dans la salle décorée à la manière d'un salon oriental, et avant de se laisser emporter par la poésie et les grands sentiments, les plus gourmands pouvaient déguster le thé à la menthe et des patisseries orientales, cornes de gazelles, makroud, baklawa et autres délices. Ambiance chaleureuse donc qui n'a pas comptée pour un artifice dans ce concert superbe: une voix bien placée pour dire la poésie et chantée les romances, Samar Charifi nous a proposé un beau voyage à l'image de ces felouques qui descendent indolemment le Nil; le temps suspendu, nous ouvre alors une voie autre que celle qui nous précipite sans dessein véritable dans la routine de la vie occidentale. Issam Charifi s'il démontre une très grande virtuosité sur l'instrument roi et tout au moins fascinant, à savoir l'oud, évoque toujours justement et avec l'émotion d'un grand artiste tantôt la nostalgie, tantôt l'amour, tantôt la fête. Abdellatif Chaaran, impressionant percussionniste ferme la boucle de la réussite et surtout... du plaisir. Après cela, l'on attend avec impatience la prochaine invitation.

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Le 14 novembre 2007:

 

La voix de la Louve pour ensemble à plectres et deux sopranos est achevée. Pour cette nouvelle composition, j'ai voulu rendre hommage à la féminité. L'oeuvre de Clarissa Pinkola Estès - Femmes qui courent avec les loups - a tracé la voie de mon inspiration après m'avoir profondément touché. Je n'ai pas voulu en rester là avec cette émotion, cette découverte même d'une possibilité de réconciliation avec la Nature à travers le féminin. La voix de la Louve est un prolongement poétique de l'oeuvre de Clarissa Pinkola Estès, bien que son oeuvre est en elle-même déjà poétique; disons qu'il s'agit alors d'un écho. J'avais en tête aussi à chaque moment les Variations Sauvages d'Hélène Grimaud, lecture délectable, jubilatoire qui forcément ouvre des voies. Point commun, les loups, la féminité, les archétypes sauvages, une réminiscence de paradis perdu pourrait-on dire, d'une place vide dans la nature pour l'être-humain en tout cas. Perdu cette place, mais avec laquelle il nous reste encore un lien très ténu qui passe par le féminin.

Quelques extraits de La voix de la Louve sont disponibles sur la page compositions. Bonne écoute!

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Le 10 octobre 2007:

 

Dans le cadre des nuits du Ramadan à la Filature de Mulhouse le 6 octobre 2007, Rachida Khalil a présenté son spectacle La vie rêvée de Fatna. Adorable Rachida Khalil dont la carrière est à l'image de son grand talent! Avec humour et émotion, la comédienne nous a montré - avec un point de vue féminin quelque fois tendre souvent acide - la place de la femme et plus particulièrement du féminin dans la société des hommes. Elle démonte non sans rigueur la trame de l'aliénation quand ce n'est pas de la prédation subie par la nature féminine; tout y passe des religions aux faux-semblants de la vie politique. Les esprits bien pensants ne peuvent sortir sans l'impression d'avoir été bousculés. Remercions Rachida Khalil d'écorcher avec pertinence et beaucoup de grâce les idées reçues qui exhalent si insidieusement, odieusement parfois leur misogynie.

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Le 11 juin 2007:

 

L'ensemble GABRIELE LEONE donnait le 9 juin un concert dans la salle du théâtre de la Vieille Grille à Paris Vème. Ensemble à géométrie variable, capable de s'adapter à tous les répertoires - de la musique ancienne à la musique contemporaine -, curieux de découvrir des nouveautés GABRIELE LEONE a abordé un répertoire plein de diversité avec des musiques d'Amérique du Sud, baroques, classiques et quelques créations.

Du côté des créations, il y avait au programme mon Assonance Suite pour ensemble à plectres. C'est une pièce techniquement exigeante et musicalement proche des minimalistes américains., six numéros la composent jouant avec les tempi, les rythmes et de courts motifs mélodiques. Point de procédés atonaux, Assonance n'est pas écrite pour l'intellect, plutôt pour le mouvement, en quelque sorte pour la danse. L'ensemble Gabriele Leone a su donner du sens à la grande joie des auditeurs et encore davantage au compositeur. Autre création, ou re-création puisqu'il s'agissait d'une nouvelle version d'une oeuvre existante, la Harpe Invisible de Michel BOSC, présent lui aussi dans la salle.

Fuguraient aussi au programme le fameux fandango de Bocherini et le concerto pour mandoline en do majeur de Vivaldi. Un programme donc à l'image de l'ouverture d'esprit de l'ensemble, mêlant les classiques, la musique traditionnelle et la musique d'aujourd'hui avec un certain goût pour la curiosité et la promenade en dehors des sentiers battus.


Actuellement, Yann Arthus Bertrand organise quai Branly à Paris une exposition de photos dont le titre "VIVANTS" est évocateur. Il s'agit de photos animalières d'une beauté rare qui mêlent qualité et démarche artistiques au reportage. Quelques textes accompagnent les images en grand format qu'on pourrait résumer par: "VIVANTS mais peut être pas pour longtemps". Et c'est l'activité humaine, l'indifférence, l'exploitation de la pauvreté qui sont mises à l'index. Reste à espérer que cette campagne de sensibilisation, une de plus, sera suivie d'un peu d'effet. Petit reproche tout de même, l'esprit des textes flirte quelquefois avec un humanisme désuet et révolu, presque nostalgique tout à fait à côté de l'importance de l'enjeu que représente la biodiversité.

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Le 04 juin 2007:

 

Le Cirque Plume a enchanté le public de la Filature à Mulhouse vendredi dernier avec son spectacle Plic Ploc. A la sortie, les avis étaient unanimes sur la qualité et l'originalité de la prestation. Deux heures de pur plaisir où la poésie côtoie l'humour, car l'on comprend assez vite que la performance n'est pas une fin en soi pour le Cirque Plume, mais qu'elle est toujours au service de l'émotion. La mise en scène moderne des clowns, acrobates et autres contorsionnistes n'est pas sans rappeler toutefois la comedia del arte, elle utilise de très surprenants jeux d'eau et de lumière avec lesquels les acteurs font des merveilles. La musique omniprésente et pertinente joue elle aussi son rôle, et toute la troupe s'y met pour charmer nos oreilles. Il fallait oser d'ailleurs mettre en scène un combat de cors qui mérite de figurer dans une anthologie du genre.

Voilà du cirque pas comme les autres inventif et poétique, sans chiens savants ni fauves dépressifs, du cirque comme on peut l'aimer parce que c'est à l'âme qu'il s'adresse.


L'ensemble Mosaïques donnait un concert hier à Cernay. Le programme justement intitulé Madrigalement Vôtre offrait au public un panorama du madrigale du XVI ème au XXème siècle. Tout de même assez rarement abordé ce répertoire ne cesse néanmoins de fasciner, dans un genre précurseur à l'opéra auquel ne peut manquer de nous faire penser Adriano Banchieri et notament son Festin du jeudi gras. Mais un genre à part entière aussi - nous apprend le programme du concert - qui était encore très en vogue dans l'Angleterre du XIX ème siècle. L'acoustique de la chapelle assez peut réverbérante donnait beaucoup de présence aux voix; les auditeurs ont pu apprécier le travail des nuances, la clarté des lignes polyphoniques et la justesse. La directrice Claires DECAUX et les choristes de l'ensemble Mosaïques ont une passion pour ce qu'ils font, et ça s'entend!

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Le 24 avril 2007:

 

1er Stage International de Guitare de Colmar 2007.

Voir le clip du stage : --->ici<---

Voir le diaporama : --->ici<---

Du 17 au 21 avril dernier avait lieu le premier stage international de guitare de Colmar Roland DYENS sous la direction artistique de Jean-Jacques FIMBEL, organisé par les GUITARMANIAKS. Les différentes manifestations se sont déroulées au Château Kiener à Colmar.

Evénement marquant pour la musique en général et pour la guitare classique en particulier! ce stage s'adressait à des guitaristes confirmés, ils sont venus quelquefois de très loin pour entendre les conseils avisés et précieux des deux professeurs : Roland DYENS pour le répertoire des XIX et XX ème siècles et Jean-Jacques FIMBEL pour le répertoire de musique ancienne (dont il se fait une spécialité) allant du XVIème au XVIIIème siècle. J'ai eu la chance de vivre ce stage de l'intérieur en tant que stagiaire, l'ambiance y a été toujours chaleureuse et détendue, la qualité de l'organisation - bravo aux Guitarmaniaks! - a permis la rencontre entre l'immense artiste Roland DYENS et les stagiaires.

La semaine - outre les cours individuels et collectifs - a été ponctuée de temps forts qui ont ravi les passionnés de guitare et enchantés les mélomanes. En premier lieu le récital libre de Roland DYENS le 16 avril. C'est toujours une expérience unique, une rencontre surprenante dont on ne sort pas sans une impression durable. Le récital commence comme de coutume par une improvisation, un cadeau unique. Alors le voyage commence en direction de continents improbables vers lesquels seuls le talent, la sensibilité et la maîtrise technique d'un artiste hors du commun peuvent nous guider. Nous le remercions pour cela et sa générosité. Viennent alors les Flying Wigs et Sol d'Ièze des Trois Pièces polyglottes (auxquelles s'ajoute la Valse des loges) et une Valse sud américaine , compositions personnelles; et une adaptation de la chanson d'origine argentine composée par Ariel RAMIREZ Alfonsina y el mar. Puis les Variations sur un thème de Haendel de Mauro GUILIANI, un arrangement de DYENS sur Felicidade d'Antonio Carlos JOBIM et le Grand Solo op14 de Fernando SOR. La deuxième partie était consacrée à de la musique pour guitare et quatuor à cordes. Le quatuor de Mulhouse composé d'Elsa LADISLAS (1er violon), Andrew JOSSA (2ème violon), Vincent ROTH (alto) et Cécilia BOUCHET-FERRIER (violoncelle) ont donné la réplique à Roland DYENS sur ses superbes Arrangements d'après 7 études de SOR . La texture admirable du quatuor habille avec beaucoup de finesse les études bien connues des guitaristes. Un enregistrement réalisé avec le quatuor québéquois Arthur-Leblanc doit paraître prochainement. La salle a été conquise par le charme d'une musique inventive, poétique et émouvante; et a rappelé Roland DYENS qui a choisi d'offrir le Tango en Skaï dans une version arrangée avec quatuor à cordes. Ce concert a été une belle histoire, du genre de celle que l'on aime à se raconter bien longtemps après l'avoir entendue!

Le 17 avril, concert Jean-Jacques FIMBEL et le quatuor à cordes de Mulhouse. Une grande réussite, un concert plein de surprises qui montre une fois encore tout le savoir-faire du guitariste à établir un programme des plus intéressants. Sur le thème de l'Italie du XVIIème au XXème siècle le public à été invité à un voyage dans le temps dans un pays si fécond musicalement. Tout d'abord, nous avons pu écouter le concerto RV 93 en ré majeur d'Antonio VIVALDI composé initialement pour le luth et adapté avec beaucoup de pertinence à la guitare. Puis viennent le duo concertant pour violon et alto op. posthume d'Antonio Bartolomeo BRUNI (1759-1840) et le quatuor op1,n°1 de Nicolo PAGANINI dont on connaît tout l'attachement à la guitare qu'il jouait d'ailleurs avec autant de virtuosité que le violon. Ces pièces concluaient la première partie du concert et démontraient la grande qualité musicale du quatuor de Mulhouse. La seconde partie a été consacrée à Mario CASTELNUOVO-TEDESCO compositeur italien du XXème siècle bien connu des guitaristes pour ses pièces composés à la demande de SEGOVIA. Melancolia pour guitare et narrateur extrait de Platero y Yo op 190 est une complainte pleine de poésie sur la mort du mulet Platero, la partie de guitare est d'une grande beauté et sert admirablement le texte. Surprise de la soirée, c'est Roland DYENS qui a pris le rôle de récitant avec beaucoup d'émotion . Et enfin le trop rarement joué quintette pour guitare et quatuor à cordes op.143 du même compositeur dans une interprétation exécutée avec brio, Jean-jacques FIMBEL a trouvé la voie pour dire toute la fraîcheur, la vie et les rebondissements de cette oeuvre.

Le 18 avril, c'était au tour de Thomas VILOTEAU et Nicolas PAPIN de nous proposer un double récital. Les deux guitaristes sont des élèves de Roland DYENS et promis à un brillant avenir. Thomas VILOTEAU qui a fait l'objet d'une interview dans le dernier numéro de GUITARE CLASSIQUE a remporté récemment le premier prix du concours de Guitar Foundation of America avec à la clef une tournée. Le double récital peut se résumer en trois mots: musicalité, technique et professionnalisme. A cela s'ajoute un programme à la fois exigeant et remarquable. Pour Thomas VILOTEAU le Rito de los orishas de Leo BROUWER et Triela de Roland DYENS. Pour Nicolas PAPIN une transcription personnelle de l'Adagio et fugue de la première sonate pour violon BWV 1001, le KYPARiSSOS de Nikita KOSHKIN, les deuxième et troisième mouvements d'AQUARELLE de Sergio ASSAD et la SAUDADE n°3 de Roland DYENS.

Le lendemain Danielle RIBOUILLAUT, rédactrice en chef du très regretté magasine les Cahiers de la Guitare, a donné une conférence sur l'histoire de la guitare. Avec talent et passion, elle a tenu la salle en haleine jusque très tard. Avec un discours vivant, appuyé par une iconographie pertinente et des extraits sonores, Danielle RIBOUILLAUT nous a présenté pas loin de quatre millénaires d'histoire vus du côté des cordes pincées. A cette occasion, le public a aussi pu admirer les instruments de la luthière Cornelia TRAUDT exposés durant la soirée.

Les stagiaires Emilie KIENLEN, Laurent RAYNAUD, Jean-Christophe BLANCHARD, Moritz REICH, Frédéric STANGER, Clovis DETHIER, Thibaud VALLAT, Geneviève SANDRIN, Sébastien COMMUN et Julien ITTY ont présenté leur travail lors des deux soirées qui suivirent Ils ont aussi constitué un ensemble de guitares pour interpréter Alfonsina y el mar d'Ariel RAMIREZ et DANSK "pot-pourri" sur des mélodies danoise arrangés par Roland DYENS sous la direction de l'arrangeur lui-même.

A l'issue de la soirée de clôture, j'ai fait la rencontre de Bernard REVEL; je me souviens encore toujours avec un extrême plaisir de son Roman de Renard . C'était il y a environ dix ans. Je l'ai remercié pour avoir réuni de manière si convaincante, espiègleries, cascades, jeu théâtral et exigence musicale, de quoi surprendre et satisfaire le spectateur. Il m'a confié qu'il avait en projet un spectacle de cette veine pour les prochains mois, nul doute qu'il s'agira d'un événement.

Pour conclure, cette semaine de guitare aura été intense, un cadeau inespéré comme les Guitarmaniaks en ont le secret. Les masterclass ont ouvert des voies de progrès qui occuperont les élèves pendant un certain temps encore. La qualité de l'organisation aura dégagé les élèves de tout autre préoccupation que celle qui consistait à travailler la musique. Il ne reste donc plus qu'à attendre une suite.

 

 

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Le 01 mars 2007:

 

Heitor Villa-Lobos compositeur brésilien monumental bien connu pour ses Bachianas a laissé de véritables joyaux pour la guitare. Dont une suite populaire, nostalgie du temps où le petit Heitor jouait des Chôros dans des ensembles improvisés. Une version revue par Frédéric Zigante est parue récemment, tenant compte d'indications de doigtés et de phrasés omises dans la version traditionnelle. Le texte qui accompagne cette version révèle de manière convaincante le parti pris de respecter les partitions autographes du compositeur, qui du reste si l'on en juge par les reproductions sont d'une grande qualité. Par exemple, Villa Lobos avait pour habitude de faire l'usage de petites et de grandes notes, les premières indiquant les voix intermédiaires et les secondes la basse et la mélodie. La version de Zigante respecte cet usage et apporte en cela un éclairage nouveau sur les intention du compositeur.

En outre, cet édition propose une version inédite d'une deuxième valsa choro mise de côté par Villa Lobos, en raison d'un état d'esprit trop différent de l'ensemble de la suite. Il n'en reste pas moins que du fait de l'importance de HVL dans la musique du XXème siècle, ce genre de publication présente un événement en soi. Nous attendons avec impatience les enregistrements de grands maîtres.

En attendant, je vous propose un enregistrement vidéo de la valsa choro que chacun -ou presque - connaît. Elle est disponible dans le chapitre musique: cliquez!

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Le14 février 2007:

 

Le 11 février dernier avait lieu le concert du DUO ARCADIA composé de Christian Zimmermann et Jean-Jacques Fimbel à la villa Fleck d'Ingersheim. Les deux musiciens ont attirés avec succès les amateurs de musique ancienne, si bien que la salle était pleine; d'ailleurs arrivé en retard à la fin de la première partie, j'ai eu comme quelques autres malchanceux à m'installer dans un couloir attenant. Ces conditions n'ont pas nuit à une écoute attentive. Il y a avait au programme de la première partie quelques pièces rares à découvrir (The Treble - Pickering lute book 1600; Spanish Pavin - Alphonso Ferrabosco 1543-1588; Para discantar - Enriquez de Valderrabano - 1500-1557; Caccia et allegro - Giacomo Merchi - 1761), - pour ce qui me concerne ma curiosité reste encore intact;- et un concerto de Vivaldi. La deuxième partie a permis d'écouter un arrangement pour deux guitares baroques de la sonate BWV 1023 de Bach écrite originelement pour violon et continuo, et un pot pourri de variations d'origine diverse (François Le Coq, Arcangelo Corelli, Santiago de Murcia, Marin Marais...) sur le thème de la Folia. Si la température de la salle a réservé quelque surprise à des instruments délicats, gageons que les théorbe, luth, guitare baroque et vihuela ont enchanté le public.

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Le14 janvier 2007:

 

Hier, le 13 janvier à eu lieu le récital de Jean-Jacques FIMBEL dans une salle du château Kiener à Colmar. Ce concert était organisé par l'association Guitarmaniaks.

Au programme figuraient quelques joyaux de la musique espagnole du XVI ème siècle avec notament la cancion del Imperador, et les variations sur garda me las vacas du célèbre Narvaez. Jean-Jacques Fimbel nous rappelle que le compositeur était actif à la cour de Charles Quint et qu'il édita plusieurs ouvrages comprenant de la musique pour vihuela, instrument en vogue à l'époque et dont la forme suggère assez celle de la guitare pour laisser penser qu'elle en est l'ancêtre. C'est d'ailleurs sur cet instrument que le guitariste a débuté le concert; aux sonorités de la vihuela qui donnaient un ton authentique, le public aura remarqué le soin apporté à l'ornementation. A l'époque, la vihuela accompagnait fréquemment le chant, c'est la cas chez Luis MILAN, et aussi chez NARVAEZ et PISADOR dont quelques chansons étaient données par Samantha FIMBEL accompagné par son père. L'alchimie de la voix et de l'instrument provoque encore l'émotion plus de quatre siècles après l'édition des pièces; l'on salue le travail des artistes qui nous permet de rêver à cette Espagne ancienne.

Après quoi Jean-Jacques FIMBEL a interprété la suite L'Infidèle de Léopold Sylvius WEISS, luthiste virtuose et surdoué attaché à la cour du Roi de Pologne. Quasi exact contemporain de BACH, - à noter que les deux maîtres entretenaient des relations - on doit à WEISS parmi les plus belles pages écrites pour le luth. La suite interprétée ce soir-là fait référence à la guerre contre les Turques, et utilise quelques éléments propres aux musiques orientales. Cela est particulièrement évident dans la première partie du menuet et dans la musette.

Puis suivant l'ordre chronologique, le programme comprenait encore pour la fin de la première partie du récital un arrangement pour guitare et voix d'un air du Paris et Helena de GLUCK. L'on a pu ainsi admirer la qualité de la voix de Samantha FIMBEL dans ce registre, son expressivité et sa musicalité n'ont pas manqué de toucher le public.

La deuxième partie était consacrée à Heitor VILLA-LOBOS, compositeur brésilien inspiré avec justesse par les musiques populaires, il fait partie des incontournables du répertoire du XX ème siècle. Guitariste lui-même, VILLA-LOBOS nous laisse quelques pièces majeures, dont les cinq préludes mis au programme ce soir-là. Cinq hommages à un caractère, un peuple, une région du Brésil qui ont inspiré Jean-Jacques FIMBEL. Et la poésie au fil de ces superbes pages de musique s'est révélée sous ses doigts. La guitare avec ses changements de timbres, de dynamiques et de nuances parfaitement maitrisée a ouvert une fenêtre sur l'immensité du pays des chôros. Et puisqu'il est question de chôro, cette deuxième partie s'est conclue sur le chôro N°1 avec une interprétation dans la droite ligne de ce qui a précédé.

Les rappels ont été teintés d'un bel humour avec l'apparition sur scène de deux des organisateurs guitares en main pour une conclusion sur des standards du répertoire sud américain. Seul regret, l'acoustique de la salle plutôt ingrate; il est vrai que les moquettes et les faux-plafonds ne font pas bon ménage avec la guitare non sonorisée et qu'ils privent malheureusement trop de la réverbération et du petit écho que mérite une voix de qualité.

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Le12 décembre 2006:

 

Avis aux amateurs, Roland DYENS revient dans la région Alsace comme il l'avait promis lors de son passage en avril 2006! Et rien moins que pour un stage internationale de guitare sous la direction artistique de Jean-Jacques FIMBEL.

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Le27 novembre 2006:

Nasser Djemaï donnait son spectacle Une étoile pour Noël ou l'ignominie de la bonté, le 17 novembre dernier à la Filature de Mulhouse (scène nationale). Il s'agit en résumé de l'histoire de Nabil un jeune garçon d'origine magrébine qui ambitionne de devenir premier ministre. Il rencontre sur son parcours Jean-Luc , les deux garçons se prennent d'amitié. Nabil est introduit dans la famille bourgeoise, et devient alors le protégé de la grand-mère quand celle-ci discerne sa vivacité d'esprit. Cette dernière entreprend de métamorphoser le garçon : cheveux blondis, rebaptisé Noël, bonnes manières... Je ne m'étendrai pas sur le caractère à proprement parlé artistique du spectacle qui sur un texte sensible et juste joue de la virtuosité de Nasser Djemaï, - notons qu'il interprète pas moins de dix personnages sans le moindre défaut de crédibilité! Je m'attarderai un peu davantage sur l'aspect philosophique, - car c'est bien d'un conte philosophique qu'il s'agit - qui pose la question ancienne déjà et toujours sans réponse du bien et du mal. La réflexion sur ce sujet est d'une pertinence très actuelle dans un contexte de choc culturel, - j'évite sciemment de parler d'affrontement même s'il en est pour l'exhorter, - induite par la mondialisation des économies et du modèle culturel européen. Le texte nous renvoie en pleine figure le concept de la sacro-sainte intégration (au sens républicain du terme), intégration qui entend phagocyter, digérer, assimiler - rendre semblable l'autre, qui veut dire à l'autre " devient qui je suis, c'est cela qui est juste et bon", qui entend faire entrer dans les rangs l'altérité et l'étranger. Tel le sergent qui ne veut voir qu'une tête et qui nous fait marcher au pas. Nous tous jouons ce jeu effectivement assez criticable du sergent qui prépare les jeunes recrus à l'uniformité, "si tu veux réussir, adopte un prénom plus propre, moins étranger, apprends les bonnes manières!" Et nous voyons d'un très bon oeil - toujours la bonté - que l'on enseigne la meilleur façon de marcher à ceux qui l'ignorent. Nasser Djemaï sans violence, sans heurt, avec une logique implacable nous démontre simplement que la victime - consentante? victime aussi d'une certaine ambition - perd son âme. Et c'est tout le contraire de l'épanouissement auquel chaque être humain a droit. Dans ses relations le petit Nabil ne trouve pas l'ami qui le revèle, mais toujours le héro de la "bonté" qui projette dramatiquement son idéal de bonheur. Cette démonstration nous dérange, à juste titre, car nous nous laissons si aisément à vouloir pour l'autre, à savoir pour l'autre, à agir pour l'autre, sans nous soucier -comble de l'absence de respect - de ce qu'il veut, de ce qu'il sait, de ce qu'il fait. Elle nous dérangerait moins si chacun de nous prenait conscience qu'il est aussi l'autre de quelqun.

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Le14 novembre 2006:

Le 4 novembre dernier a eu lieu le concert de l'Ensemble de Mandoline et de Guitare de Mulhouse dirigé par Jean-Claude KIEFFER. Vous trouverez le détail du programme sur le site mandolines.net et la critique de la représentation ici : 20061111journal alsace.pdf.

Je laisse à l'appréciation du critique concernant mon Soupir d'Abu Abdallah el Chico le qualificatif de contemporain avec "une teinte de musique andalouse"; alors que la pièce est ancrée dans la tradition arabo-andalouse au sens large. Ce soir-là, j'ai interprété la version pour guitare alors que la pièce initiale est prévue pour être jouée à l'oud; l'esprit est donc un peu différent de celui que j'avais imaginé au départ. Toutefois, - et je me risque à une autocritique -, je ne suis pas mécontent de cette version qui avec le bénéfice d'un accordage particulier de la guitare (du grave au dessus : do, la, ré, sol, do, mi) sonne très bien; avis donc aux guitaristes! L'émotion a été au rendez-vous, une certaine rigueur aussi qui ont permis de rendre avec justesse ma musique, ça aide à exprimer un joli solo et il me semble bien que l'ensemble et moi étions sur la même longueur d'onde.

Nous avons donné aussi mon arrangement sur des danses de Gaspar SANZ Rujero et Paradetaz. Il s'agit ici d'un jeu entre le rythme binaire du rujero et ternaire de la paradetaz; j'ai choisi d'utiliser les possibilités percusives de la guitare. Malheureusement, le tempo n'était pas au rendez-vous, il manquait l'énergie et la pulsation si chère à ce genre de musique.


Dans le cadre du festival Guitare Mosaïque, les amateurs de guitare ont eu la chance de pouvoir assister à une série de concerts entre le 30 octobre et le 4 novembre derniers. La programmation laissait entrevoir quelques bons moments comme c'est la coutume - il faut bien le dire - tous les deux ans lors de ce festival. Mon agenda - et je le maudis - m'a donné seulement la liberté de me rendre au premier concert le 30 octobre. Il réunissait la charmante Graciela PUEYO d'origine argentine et qui poursuit ses études à Strasbourg, et Rémi JOUSSELME que l'on ne présentera bientôt plus autrement que comme une valeur sure de la guitare française.

Graciela a enchanté le public avec la musique de son pays: justesse, émotion, grace et cette chose indéfinissable en plus qui montre de manière évidente que le langage de cette musique fait partie de sa langue maternelle. Carlos Aguirre, Agustin Bardi, Julian Plaza, Abel Fleury, Anibal Troilo, Astor Piazzola, Catulo Castillo, Maximo Pujol et Edin Solis sont les compositeurs qui ont inspiré le magnifique programme de Graciela PUEYO. A noter que Judith De La Asuncion ( que l'on a eu le bonheur d'écouter dans ce même festival il y a quatre ans - je crois - consacré à la guitare féminine) a joué en duo le Piazzolando d'Edin Solis.

Remi JOUSSELME a fait la couverture du magazine Guitare Classique n°29 de décembre 2005. On aura vite compris, comme il le précise au début du concert, que sa motivation, c'est la plaisir. On a vite compris aussi que son enthousiasme était communicatif. C'était donc pour le plaisir qu'il nous a donné une tarentelle de Johann Kaspar MERTZ, le Agua e Vinho d'Egberto GISTMONTI et l'Invocacion e Danza de Joaquin RODRIGO... entre autres délicatesses. Du pur plaisir! Je suis très particulièrememnt attaché à l'invocation et danse de RODRIGO, il s'agit d'une pièce profonde qui semble évoquer une nature ancienne et achétypale de l'âme. Rémi JOUSSELME y a mis la sonorité juste, il possède pour cela des qualités exemplaires, et beaucoup d'émotions et de coeur. Même si l'émotion a joué par moment quelques tours à la maîtrise, c'est le risque du concert, son interprétation m'a touchée. Tout le reste respire l'excellence musicale, et encore une certaine fougue de jeunesse qui montre une fois encore l'enthousiasme de Rémi et aussi son formidable appétit. Le programme finnissait par Percussion Study I d'Arthur KAMPELA, une pièce en forme de gageure, d'une grande difficulté technique et musicale que l'on ne programme pas sans être bien à l'aise dans sa virtuosité et la compréhension des formes les plus inattendues que la musique peut prendre.

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Le 21 septembre 2006:

Une question sur la guitare classique, le luth, la guitare romantique ou baroque vous trotte dans la tête, vous cherchez une partition, un mp3, ou alors vous êtes guitariste et vous rêvez de partager votre passion, vos enregistrements, vos créations... pas de doute le site delcamp.net est fait pour vous. Des forums en six langues où vous pourrez discuter de musique en général et de guitare classique en partuculier avec des artistes amateurs et professionels du monde entier, vous pourrez télécharger des partitions et quantité de mp3 mis à jour régulièrement. Si vous n'y êtes pas inscrit, il est urgent de le faire, nous nous y retouverons!

Le forum en français est ici: http://www.delcamp.net/fr/index.html


Je suis actuellement en train de réaliser une version pour guitare du soupir d'Abu Abdallah. Celle-ci sera donné en concert le 4 novembre prochain au théâtre de la Sinne à Mulhouse. A l'occasion de ce concert, vous pourrez aussi entendre un de mes arrangements pour ensemble à plectres de pièces de Gaspar SANZ.

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Le12 juillet 2006:

Le 30 juin dernier avait lieu un concert de l'Ensemble de Mandolines et de Guitares à la chappelle Saint Jean de Mulhouse. L'annonce parue dans le journal l'Alsace est disponible sur le lien suivant: 20060628alsacejournal.pdf


Sont désormais disponibles deux vidéos supplémentaires.

Lettre encore de Roland DYENS dédicacée à Elena Papandreou; dans cette lettre extraite des 20 lettres pour guitare solo, Roland Dyens nous invite à un voyage du côté du Brésil, le swing de la bossa nova est au rendez-vous. Il est urgent pour les guitaristes gourmands et prêts à se laisser tenter par des horizons nouveaux de se procurer ce recueil aux éditions Henri Lemoine. Outre que les pièces soient magnifiques, que tous les goûts puissent y trouver leur bonheur, les 20 lettres restent techniquement abordables (c'est plutôt remarquable si l'on considère l'oeuvre de Roland DYENS), autant dire qu'il s'agit d'un cadeau, les amateurs sauront en reconnaître la valeur.

Et, une fantaisie de Francesco Da MILANO(1497-1543) d'une grande beauté, dans laquelle trois voix développent des motifs tour à tour contemplatifs et virtuoses. Ici, tous les effets sont pesés avec délicatesse pour rendre une musique éternelle et expressive. Cette version a été éditée dans le numéro 27 de la revue Guitare Classique.

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Le 08 juin 2006:

Les 16 et 17 mai derniers avait lieu le concert donné par Maliétès à la Filature de Mulhouse. L'ensemble composé d'une contrebasse, d'un accordéon, d'un oud, d'un violon, de percussions et d'un kanoun interprétait des musiques de la mer Egée; il puise donc son inspiration dans les traditions de la Grèce et de la Turquie, mais aussi dans celui des musiques balkaniques et klezmer. L'excellence des musiciens, les rythmes syncopés, les modes caractéristiques ont réussi à captiver et passionner le public; ce concert de Maliétès a été un grand moment de bonheur où la fête a fait avec succès alliance avec la contemplation. Hors du temps, source d'énergie, Maliétès est aussi sans nul doute un antidote à la routine, à l'anxiété et à l'absurde. Pour connaître les dates et lieux des prochains rendez-vous de Malétès : http://www.malietes.com


Le 06 juin avait lieu à la Chapelle Saint Jean de Mulhouse un concert du duo Jean-Jacques Fimbel(guitare) et Christian Zimmermann(luth). Un programme de quatre siècles de guitare et de luth dans lequel on pouvait trouver entre autres Sylvius Leopold Weiss, John Johnson et Ferdinand Carulli. L'ambiance méditative et l'acoustique de la chapelle sont propices à l'écoute d'un tel répertoire. Mais s'il fallait dire un mot de ce concert, il faudrait avant tout évoquer les couleurs, car il s'agit bien d'un tableau ou d'une palette sonore qui nous a été donné; - les couleurs si rarement conjuguées de la vihuela, de la guitare baroque, romantique, du luth renaissance et du luth théorbé.

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Le 09 mai 2006:

Une version complète du Soupir d'Abu Abdallah El Chico est désormais disponible sur la page musique. Cette composition est d'inspiration arabo-andalouse, une musique qui résonne avec vigueur dans mon imaginaire, à la fois comme le point de rencontre des trois cultures de la Méditerranée (arabe, juive et chrétienne), comme un formidable pouvoir expressif et comme l'idéal d'une Espagne révolue et sans doute imaginaire encore très chere au coeur du peuple gitan d'Andalousie. Elle prend pour argument l'histoire dramatique du dernier roi maure d'Espagne, autrement appelé Boabdil, roi de Séville, chassé par Ferdiand d'Aragon et Isabelle la Catholique. La nostalgie d'une patrie perdue à jamais préfigure la fin de l'unité de l'Espagne et la terrible explusion des juifs.

 

Au XIX ème siècle, ce sont les artistes français qui parmi les premiers ont compris la modernité, l'intemporalité et les richesses de cette musique aux racines pourtant très anciennes. Lalo ,Bizet et Debussy (pour ne citer qu'eux) pour la musique; Chateaubriand pour la littérature avec sa nouvelle : le dernier Abencerage. On pourra prolonger la découverte avec par exemple les enregistrements et documents:

 

  • Music from christian and jewish spain (musique sépaharade et chrétienne en Espagne) , Jordi Savall, Hesperion XX, chez Virgin classics, CD
  • Sephardic Romances, ensemble accentus, chez Naxos. CD
  • l'Espagne musulmane, André Clot, chez Perrin col tempus, livre.

Ecouter le Soupir d'Abu Abdallah el Chico: Andante et adagio, Allegro moderato.

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Le 08 avril 2006:

On pourrait ne pas tarir d'éloges sur le virtuose, l'inventeur de musique, les performances de Roland Dyens. Comme le dit d'ailleurs son site, chaque concert est un événement. Un événement a eu lieu le 31 mars dernier au temple St Matthieu à Colmar. Le premier mot qui me vient à l'esprit, c'est INSPIRATION, car plutôt que les prouesses techniques, l'évidente culture des musiques à la fois classique et du monde, ce qui le distingue le plus surement c'est la hauteur de son inspiration. C'est par cela que le charme opère, c'est là-dessus que Roland Dyens trace le chemin qui mène son public vers le plaisir, l'évasion, la curiosité. Au programme - il est maladroit de parler de programme dans ce cas-là - la traditionnelle improvisation, une valse de Chopin, de Barrios, le grand solo op.14 de Sor, une sonate de Giuliani; puis des arrangements et oeuvres de Dyens: la valse des loges (tout un univers dans lequel il passe beaucoup de temps), des arrangements jazz, en final le Berimbau d'après Baden Powell - un feu d'artifice explosif et multicolore.

Le lendemain Roland Dyens donnait une masterclasse au conservatoire de Mulhouse. Le maître a pris tout son temps pour dispenser ses conseils avisés aux quatre candidats dont l'un a proposé un beau fuoco extrait de la libra sonatine de Dyens. J'ai fait à cette occasion un montage vidéo disponible sur le lien suivant: Dyens à Mulhouse.

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Le 16 janvier 2006:

Bonne nouvelle, le concert de Roland DYENS annulé en octobre dernier est reprogrammé pour le 31 mars à Colmar. Vous trouverez plus de renseignements sur le site de Guitarmaniaks. J'espère que Dyens nous revient en pleine forme.


L'atelier des arts est en train d'évoluer, vous pouvez constater dès à présent quelques changements dans l'aspect graphique. Plus de couleurs, plus d'images et - tendance qui se confirme - plus de vidéos. Six vidéos ont été ajoutées dans la section musique facilement reconnaissables par le sigle . Le choix est volontairement eclectique et Francis CABREL, Fernando SOR, Charles TRENET, Antonio LAURO pour ne citer qu'eux se partagent le concert numérique. Plus de diversité, c'est aussi plus de plaisir et je dois dire que votre webmestre au risque de s'égarer un peu se refuse absolument à bouder son plaisir.

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Le 29 novembre 2005:

Le 5 novembre dernier, j'ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Paul BAZIN ancien rédacteur de la revue Le Plectre et actuel membre de l'Ensemble Gabriel Leone du nom du grand virtuose de la mandoline du XVIII ème siècle. Au cours d'une conversation passionnante, il a été question d'histoire de la mandoline, thème sur lequel Jean-Paul BAZIN est éminemment spécialiste et qu'il partage avec générosité. Il ne suscite pas seulement l'intérêt, mais éveille la passion et l'émotion artistique, l'on se rend bien compte que sa recherche bien que visant l'authenticité cherche à toucher cette sorte d'émotion perdue avec le temps, avec l'évolution des mentalités, avec les changements de moeurs et des manières de vivre. Nul doute, la démarche est artistique. Le résultat: une série d'enregistrements intitulés Cinq siècles de mandolines 1300-1800 qui révèlent des intruments (la guiterne est à ravir) et des musiques, les mandolines telles que l'on ne les imaginent pas.

Mais la mandoline est un instrument bien vivant, à l'aise dans son époque, même si l'on peut regretter la relative indifférence du grand public - ceux qui la connaissent ne boudent pas leur plaisir -; il a donc aussi été question de l'instrument aujourd'hui, et l'Ensemble Gabriele Leone met avec pertinence et sens artistique un point d'honneur à soliciter et jouer les compositeurs d'aujourd'hui. Leur autre disque Quinte et sens de la Mandoline montre à quel point la mandoline insprire ces derniers, mais aussi tout le talent de l'ensemble dans un répertoire plus récent avec notament une Histoire du Tango de Piazzola dont on dirait qu'elle est faite pour le plectre.

Il est urgent de visiter le site de l'Ensemble Gabriele Leone, outre une histoire de la mandoline, on trouvera les événements et concerts, des nouvelles de l'ensemble, et des extraits des disques qui donneront surement envie de passer commande.


Et puisque l'on se sent si bien dans le monde de la mandoline, j'ai le plaisir d'annoncer la naissance du site de l'Ensemble de Mandoline et de Guitares de Mulhouse. Vous aurez droit à une présentation de l'ensemble, à l'annonce des événements, à un aperçu de son répertoire et à quelques extraits de concerts. Une adresse à ne pas manquer: http://www.mandolines.net

 

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Le 10 Octobre 2005:

Restons encore un moment dans le monde de la musique orientale! En musique et en image cette fois, décidément on n'arrête pas le progrès! Il s'agit de la vidéo d'une improvisation à l'oud par votre webmestre consultable dès à présent sur la page musique ou sur le lien suivant: vidéo maqamat.

J'ai aussi le regret de vous annoncer que les prochains concerts - et notament celui du 14 octobre à Colmar - de Roland Dyens sont annulés ou plutôt reportés à une date ultérieure. Le fameux guitariste que nous connaissons aussi bien pour son immense talent à la guitare que pour son sens de l'arrangement et de l'écriture a été victime de problèmes de santé lors de sa tournée. J'espère que nous aurons très bientôt la joie de le voir en bonne forme. En attendant, on peut toujours visiter son site sur lequel il y a bien du plaisir à prendre: http://www.roland-dyens.com

 

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Le 24 Août 2005:

La première partie de Le Soupir D'Abu Abdallah El Chico est désormais accessible dans la page musique.

 

Une nouvelle improvisation pour l'oud et percussion encore toute chaude sortie des doigts de votre webmestre est disponible; son titre laisse à peine entrevoir pour les musiciens qui connaissent la musique orientale ce qu'elle cache. Il faut donc se précipiter à l'adresse suivante : Maqam Nahawand et ensuite prendre le temps de la promenade. Une fois apaisé, laissez vous aller à parcourir les recoins de mon site et oubliez enfin la frénésie du surf virtuel.

 

Puis si le coeur vous en dit partagez votre opinion et vos impressions avec les autres visiteurs dans mon nouveau livre d'or.

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Le 12 Août 2005:

Le 12 juillet dernier avait lieu un récital de Juan Falu à la commanderie de Rixheim. Le guitariste et compositeur argentin en tournée en Europe a donné avec beaucoup de chaleur quelques pièces de son répertoire. L'auditoire n'a pas manqué l'occasion de faire le voyage au son de la guitare et de la voix dans le folklore très riche de l'Argentine, il faut dire que le musicien à l'affiche ce soir-là est une véritable référence en la matière.

 

Je viens de terminer l'écriture d'une pièce intitulée Le Soupir D'Abu Abdallah El Chico pour orchestre à plectre et oud, le titre fait référence au dernier roi maure de Séville, à sa fuite vers l'Afrique et à ses regrets de devoir quitter son pays. Cette épisode marque un tournant dans l'histoire de l'Espagne et laisse entrevoir les jours sombres qui ont vu l'essor de l'Inquisition et l'exode forcée des juifs. Les curieux liront avec plaisir Le Dernier Abencerage de Chateaubriand qui met en scène ce dernier roi plus connu sous le nom de Boabdil.

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Le 07 mars 2005:

Si l'enregistrement compte beaucoup dans mon parcours, si je considère aussi que l'enregistrement ne s'oppose pas à la musique vivante, qu'il n'y a pour tout dire pas de contradiction entre musique enregistrée et musique vivante, le concert est toujours un événement particulier chargé d'émotions, de tensions, de théâtralité et quelquefois d'un bonheur autrement impensable. Le 06 février dernier a eu lieu le concert de l'Emsemble de Mandolines et de Guitares avec un programme qui a fait la part belle à la musique d'aujourd'hui, l'on n'insistera jamais assez sur l'urgence qu'il y a à faire vivre cette musique, à la faire sortir de l'arène des initiés, de sa prison prétendument intellectuelle. Merci à Jean-Claude Kieffer directeur de l'ensemble de continuer à donner du souffle à une modernité qui il est vrai vaut vraiment le détour. A l'occasion de ce concert l'allegro ritmico extrait de mon ASSONANCE SUITE a été donné au public dans une interprétation qui a séduit le compositeur (votre obligé) et 'emballé' les spectateurs.

A vous de juger:

Allegro rimtmico: extrait de Assonnance Suite par l'Ensemble de mandolines et guitares de Mulhouse - concert du 06 février 2005.

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Le 05 mars 2005:

Ma formation classique ne me pas permet de prétendre toucher avec justesse les musiques à fortes empreintes traditionnelles. Il me manque les vécus culturels qui constituent l'âme des traditions, cette flamme qui comme une langue maternelle met de l'évidence et de la poésie dans le langage. Mais peu importent mes handicaps, j'ai voulu rendre hommage à ce que j'aime tant, à ces musiques d'une certaine Espagne héritière de la Grandeur Arabe. A côté de cela, j'aborde avec un plaisir immense l'étude de l'oud et de la musique orientale, tout seul puisqu'il est si difficile ici de trouver des maîtres.

Je vous propose donc d'écouter le résultat de mes passions par deux extraits:

Tarantas : une improvisation sur un traditionnel andalous.

Maqam hijaz : une autre improvisation réalisé à l'oud (luth oriental.)

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Le 15 novembre 2004:

 

  

Les festivals de guitare ne sont pas légions, les occasions sont donc malheureusement trop rares de pouvoir entendre cet instrument en concert. Je signale l'initiative de l'association GUIT'ARTS de Strasbourg, qui tous les deux ans nous offre à l'automne une belle série de prestations. Si le précédent festival était sous le signe de la guitare féminine, - un enchantement en tout point de vue -, cette fois-ci, nous avons eu droit à une guitare mosaïque, une guitare à ce point mosaïque d'ailleurs qu'il conviendrait mieux de parler des guitares. Jazz, folklore d'Amérique du Sud, baroque, classique, presque tout y était.

Je dirais plus particulièrement quelques mots du concert ayant eu lieu le 11 novembre dans la salle Orphéon du TRIANGLE de Huningue. Il réunissait Antonello Lixi et Necati Celik. Le guitariste italien dans un répertoire de musique ancienne s'est illustré dans quelques pièces à la guitare baroque, et si'il est rare d'entendre la guitare moderne en concert, il l'est encore davantage d'entendre la guitare baroque. Ce fut donc un véritable plaisir de goûter aux sonorités particulières, aux attaques très dynamiques et aux battus si propres à cet instrument, Antonello Lixi nous donne un éclairage qui fleure l'autenticité.

Necati Celik à l'oud, ce luth oriental non pas cousin de la guitare, mais plutôt son ancêtre a brillé aussi bien dans les improvisations que dans la musique écrite. Sa virtuosité impressionnante ne met pas le moins du monde en défaut la musique qui de la délicatesse aux emportements percussifs joue de toutes les émotions. Il s'agissait bien ici de l'oud dans le point de vue de la musique turque, et je tiens à signaler que si la guitare est un instrument mosaïque l'oud ne l'est pas moins; dans les musiques populaires allant de l'Iran jusqu'au Maroc en faisant le grand écart entre la Grèce et l'Espagne, il est bien présent dans le bassin méditérannéen. Il accompagne les chants anciens sépharades, se mêle à la guitare flamenco et aujourd'hui flirte avec le jazz. Une longue carière pour un instrument plus que milénaire.

Un seul regret pour ce concert. Il s'agit de l'utilisation de l'amplification, je prends toujours le parti d'un volume sonore moindre et d'une meilleure qualité des timbres. La petite dimension de la salle rendait possible le pari d'un concert sans amplification. Ce n'est toutefois pas ce désagrément dérisoire qu'il faut retenir de la soirée.

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Le 10 octobre 2004:

Quelques mots pour évoquer le Don Giovanni donné hier soir dans la nef des Dominicains de Guebwiller. Je ne cache pas qu'il s'agit de mon opéra préféré de Mozart et que j'ai un faible pour le personnage de Leporello et tout particulièrement pour l'air de l'inventaire. Sous la direction de Jean-Marie CURTI et dans une mise en scène Serge LIPSZYC, ce Don Giovanni est sans surprise, sans mauvaise surprise vaut-il mieux dire, tout en délicatesse et dans le plus strict respect du classissisme mozartien, le jeu intelligent et explicite des chanteurs nous entraînent dans l'univers du grand séducteur, relégant le barrage de la langue (italienne) à la condition de détail. Un coup de chapeau à Olivier NAVEAU qui joue un magnifique Leporello plein d'humour, son air de l'inventaire a suscité un bel enthousiasme du public. En outre la décoratrice Sandrine LAMBLIN réussit le pari difficile de nous faire oublier la nef, tout en utilisant l'espace plein de caractère d'un lieu dont la vocation première n'est pas de s'ouvrir à l'opéra.

Pour en savoir plus sur ce Don Giovanni et les autres spectacles et concerts organisés aux Dominicains de Guebwiller, n'hésitez pas à cliquer sur le lien suivant: http://www.les-dominicains.com/dominicains

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Le 25 juillet 2004:

Voilà bientôt deux ans que les Cahiers de la Guitare ont disparu des kiosques. L'espoir d'un éventuel retour de mon magazine favori, pour ne pas dire d'une réelle référence en matière de guitare était grand. J'avais peine à croire que ce monument ,qui a accompagné mes débuts d'apprentissage de l'instrument sans plus jamais me quitter, pourrait s'écrouler. Quel séisme aurait pu mettre à mal ce forum du monde de la guitare sous toutes ses formes - et elles sont nombreuses, quelle tempête pouvait ébranler ce théâtre qui diffusait jusque dans les provinces les plus reculées les nouvelles, les dépêches, les rencontres, les musiques de notre chère communauté de musiciens et de guitaristes? Un jour, j'ai mis mes doigts sur six cordes, j'ai rêvé des mondes nouveaux, j'ai mis mon nez dans les Cahiers de la Guitare; c'était il y a une quinzaine d'années. Trois mois entre deux numéros, c'était vraiment trop long. Chaque parution, un bonheur! Aujourd'hui, que nous reste-t-il? Un vide immense, une tristesse profonde et l'absence. L'absence des Cahiers de la Guitare. L'isolement, puisque le lien même qui nous réunissait à l'actualité a disparu.

Je ne remercierai jamais assez Danielle Ribouillault et toute l'équipe des "Cahiers" de m'avoir guidé et de m'avoir permis de rêver si longtemps. Désormais plus rien ne sera pareil, une époque est révolue à moins que... les "Cahiers " ne nous reviennent. Cette absence n'est peut-être qu'un mauvais rêve.

Pour tout renseignement sur les Cahiers de la Guitare, contactez:

DANIELLE RIBOUILLAULT

12, AV. CHARLES EMMANUEL

94450 LIMEIL BREVANNES

http://www.cahiers-de-la-guitare.org/

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Le 23 juillet 2004:

Emmanuel Rossfelder donnait un concert de guitare hier dans la cour du cloître des Dominicains de Guebwiller. S'il s'agit d'un lieu propice à la rêverie, au recueillement ou à la méditation, il n'en est pas moins l'endroit idéal pour se retrouver autour d'une guitare. Les vieilles pierres, le jardin disposé sans extravagances avec de petits massifs de buis et de rosiers aux fleurs blanches, le ciel bleu, la fraîcheur malgré la canicule; pas de doute, l'on avait pénétré dans un autre monde, et les soucis, les préoccupations et autre stress étaient restés au dehors. Le maître, lauréat de nombreux prix prestigieux que je n'énumérerai pas a donné le ton dès le début, mettant tout le public à son aise avec humour: non un concert, ce serait une rencontre, une rencontre entre lui et ses auditeurs. Et c'est en homme simple lançant des anecdotes et bousculant son programme suivant son inspiration, qu'il distilla le plaisir et le rêve. Un homme simple, un talent énorme! Un programme classique, interprété avec une générosité vraiment inhabituelle qui transcende complètement la virtuosité. Voilà donc un début de soirée mémorable, tel qu'on aimerait en connaître plus souvent. L'alchimie entre un lieu et un grand artiste a opéré.

http://www.laguitare.com/erossfelder/index.html

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Le 30 mai 2004:

Qui n'a pas rêvé de tout envoyer en l'air un jour, de prendre ses distances de manière définitive avec son boulot, sa femme, ses enfants? Rêvé de la liberté la plus égoïste qui soit? Enok, le héros si l'on peut dire de la maison de l'escargot n'a pas fait seulement qu'en rêver. Un monde nouveau s'ouvre à lui après une sombre histoire de meurtre sur Internet; et je vous propose de le suivre sur une partie de sa route grâce à la nouvelle dont le titre précède. Bonne promenade!

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Le 22 janvier 2004:

Assonance suite, suite pour ensemble à plectres et guitares est achevée. Il s'agit bien de cette suite dont je parlais déjà en août dernier. Elle s'insprire librement de ce que l'on appelle à tort ou raison la musique minimaliste répétitive. On peut se rappeler que l'assonance est un procédé poétique qui consiste en la répétition de sons, ce procédé est ici appliqué à la musique avec pour enjeu essentiel de faire une musique pour les auditeurs. C'est-à-dire une musique dont la beauté ne touche pas en priorité l'intellect d'un petit nombre d'initiés mais les sens du plus grand nombre. Cliquez sur musique et sur Assonance Suite! les notes valent mieux que les mots.

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Le 29 septembre 2003:

Comme promis le mois dernier, voici quelques nouveautés qui concernent la guitare. Votre webemaster est heureux de les interpréter pour vous sur son instrument. Deux charmants branles de village que Robert Ballard retranscrit ici pour son édition de 1614; cette danse d'origine paysanne et française dont il existe des variantes plus élaborées que celles proposée rencontra à partir du XVI ème siècle un grand succès dans la plupart des cours d'Europe. On notera au passage tout le mérite de cette dynastie d'imprimeurs à laquelle Robert Ballard appartient qui mise à part la sauvegarde d'un patrimoine populaire a édité des compositeurs de première importance dont Janequin et Lassus. Robert Johnson quant à lui a été compositeur et luthiste, il nous laisse une vingtaine de pièces pour luth très agréables à jouer sur la guitare, il a aussi fournit de la musique pour quelques pièces de Shakespear. Alonso Mudara a été vihueliste à Séville, il nous laisse un magnifique recueil pour cette instrument si proche de la guitare qu'est la vihuela, il s'agit de "Tres libros de musica en cifras para vihuela". Il n'est pas facile de trouver des informations sur Santiago de Murcia, il n'y a probablement guère que les guitaristes pour s'intéresser à sa musique, je ne saurais en tout cas me passer de jouer ce très beau prélude. Je ne présente pas Astor Piazzola, il est incontournable de l'histoire de la musique quelle soit classique ou bien populaire, incontournable aussi de l'histoire de mon instrument, on n'échapera pas à l'occasion de se pencher sur sa suite de cinq pièces pour guitare créée à l'époque par Roberto Aussel. Enfin Baden Powell l'étoile brésilienne qui ne cesse de briller malgré sa disparition il y a presque trois ans jour pour jour, son charme, sa sensibilité, son sourire resteront longtemps dans nos mémoires. J'ai choisi deux rêveries vagabondes, deux bijoux en forme d'hommage et de remerciements pour tous les plaisirs et toutes les émotions qu'il nous laisse.

Bonne écoute et rendez-vous sans plus tarder à cette adresse: musique.htm

Quelques uns d'entre vous me font part de leurs impressions, je tiens à les remercier. Sachez qu'un petit mot est toujours bienvenu et qu'il donne le courage de continuer à faire vivre ce site.

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Le 07 août 2003:

Beaucoup de choses sont en préparation dont une partie sera disponible assez prochainement; tout le monde n'est pas en vacances, hélas pour moi. En attendant ces nouveautés qui enchanteront les amateurs de guitare, faites donc un tour du côté des Métamorphoses: une suite de six pièces pour orchestre avec des instruments solistes aussi divers que la clarinette, le hautbois, le violon, le violoncelle (dans l'adagio), la guitare aussi est de la partie, quoi de plus naturel? Six pièces aux caractères affirmés pour ne pas dire descriptifs, avec des contrastes, des envolées brillantes, des petits moments plus intimistes. L'orchestre à cordes y tient une belle place. Je travaille actuellement sur la musique minimaliste et répétitive, il faudra encore un peu de patience avant d'en voir-écouter le résultat. En tout cas plus une minute à perdre rendez-vous aux Métamorphoses, voilà leur adresse: musique.htm

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Le 6 avril 2003:

Les sonates pour clavecin sont maintenant disponibles au format mp3. En dépit de la compression, la qualité de l''instrument utilisé ici est meilleure que celle des instruments midi standard. Bien évidemment le temps de chargement est plus long, je fais toutefois autant que possible le compromis compression/qualité de sorte que les durées de chargements restent raisonnables en cas d'utilisation d'un modem 56k.

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Le 31 mars 2003:

Les temps sont durs en raison de la guerre qui se déroule actuellement! - même si ce site n'a pas vocation à traiter des sujets de politique internationale. C'est pourquoi, je vous propose trois petites pièces à la fois légères, humoristiques et fantaisistes pour se changer les idées - intitulées: Trois Petites Choses sur un Air de Rien . Elles sont écrites pour quatuor à vents, violon, violoncelle et timbale. Il ne reste donc plus qu'à laisser aller vos zygomatiques!

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Les Liens

Site de l'ensemble de mandolines, rétrospective des événements passés, dates des concerts à venir, plein d'informations et de liens sur la mandolines.

Site consacré à la guitare classique, des forums, des partitions.

Site de l'ensemble dont je fais partie, dates des concerts à venir, présentation de l'orchestre.

Site consacré à la guitare classique en Alsace.

Site consacré à la guitare classique, des forums, des informations...

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